LE BALTO

Un bistro du coin où on tape la belote avec Bezo, Rachid, Briscard et quelques autres...

18 août 2006

Echange standard

cox"Alors le Veb' tu nous la termines ta Kate, là, que je puisse commencer à préparer la fermeture?..." que j'ai attaqué, direct! Vébé faut jamais le laisser sans stimuli sinon y cuve sa nostalgie tout seul dans le Picon bière; et le Picon bière, ça ravage bien les cellules de la tête, promis! "Surtout qu'ya une nouvelle qui a promis d'passer pour t'écouter... tiens même que c'est une compatriote à toi Rachid... - Ah bon, elle est d'Alger?..." qu'il a demandé Rachid. "Qu'est-ce que j'en sais moi d'où elle est... c'est une arabe du Maroc, c'est tout c'que j'sais... "que j'y ai répondu aussis sec "Putain que t'es vraiment nul... Moi maint'nant j't'appelle plus qu'Briscon!" m'a rétorqué Rachid. J'ai pas répondu parce que quand on est dans l'commerce faut savoir se laisser traiter par le client: ça fait marcher les affaires. J'ai préparé un anis gras pour la nouvelle qui n'allait pas tarder à s'pointer tandis que Vébé a repris son histoire d'avant, de quand il était pas encore à la ramasse...


"Mon plan avait donc marché au-delà de tout espoir... Soyons clair cependant: rien de vraiment prémédité dans ce plan... juste l'instinct, le jeu de l'amour et du hasard, une improvisation à la va comme j'te pousse, mais bon ça avait marché: Kate serait à moi pour une longue semaine que j'imaginais déjà sexuelle et sensuelle à donf... nus du matin au soir, et la nuit aussi, à se caresser, se toucher, à se faire vibrer la libido comme des oufs... Bref j'étais bien excité, avec la bite toute dure d'y penser, que même encore aujourd'hui j'ai le slip qui s'échauffe d'évoquer ce moment béni...
Donc au fait: comme convenu je passais prendre Kate chez ses vieux dans la banlieue de Poitiers courant août... Je me souviens... quand j'arrivais, avec ma vieille Cox pourrie elle m'attendait assise sur un banc, dans un jardin  triste, mi-potager mi-agrément où les poiriers disputaient leur espace à deux bouleaux malingres, fauteurs d'ombre et apporteurs, dixit son père, de vermine tout à fait néfaste aux gentes arboricoles... Je me souviens, ça m'avait bien frappé, et ému fort aussi: Kate était vêtue d'une espèce de blouse sans âge et sans forme, vestige d'une vie provinciale qui n'était pas sans me rappeler mon enfance pécore ... En même temps la blouse était généreusement entrouverte, comme sa robe de notre première nuit, sur ses jambes dont le galbe du mollet et la fermeté de la cuisse ne cessaient de me fasciner... Après les politesses convenues avec ses parents et une grosse bise à Laetitia qui me connaissait un peu quand même nous prîmes la route, direction Pine's Land et Bite's Valley, l'endroit où nous allions, enfin, surtout moi!, vivre pleinement et définitivement notre amour, jusqu'au bout de nos envies, qui, comme tout bon nietzschéen le sait, tendent l'arc de nos désirs!
Bref j'étais bien content et beaucoup énervé!
Nous arrivâmes donc à Castelpers, après quand même pas mal de bagnole, et Kate découvrit, enfin, le coin de paradis que je lui offrais... Pour tout dire la découverte de la maison et de son environnement ne semblât pas la transporter... Mais, bon, le voyage et le dépaysement, l'Aveyron est une terre brutale, me semblaient pouvoir justifier un coup de blues passager, et c'est à la lueur d'un superbe lustre  camping gaz  que nous prîmes notre premier dîner en tête à tête... la nuit qui suivit fut marquée par une grande première: Kate s'endormit comme une masse après m'avoir bisé bonne nuit, et laissé avec mon gourdin de CRS entre les mains! Je venais de découvrir, pour la première fois de ma vie, le sens de l'expression "dormir à l'hôtel du cul tourné"! Là j'aurais dû commencer à me méfier... mais bon je mettais ça sur le coup de la fatigue du voyage... vérifie sur une carte: Poitiers-Castelpers c'est pas gagné!
Le lendemain, soleil radieux, nous allons approvisionner le havre de paix au Spar de Naucelle, et hop, direction premier bain de soleilsex sur herbe... dire que c'était bien, c'est carrément faire dans la litote et l'euphémisme! Le père Marc n'a pas eu à passer de désherbant pendant 5 ans là où nous avons semé le fruit de nos  étreintes! Parole! Puis deuxième nuit dodo, un peu distante encore... Et lendemain triste et distante beaucoup... Là les souvenirs se troublent... beaucoup de douleur... dans le lit l'après midi... le soleil brûlant dehors... elle pleure... me dit qu'elle ne peut plus... avec moi... que ce n'est pas possible... prisonnière elle se sent... vivre elle veut... m'aime pas... enfin pas comme je voudrais... veut rentrer à Poitiers... moi je n'entends que "m'aime pas"... normal n'est-ce pas? Mais quoi, je fais quoi? Je l'étrangle, là, entre Vayre et Viaur, et m'enfuie de par le vaste monde?... Incapable, en tout cas, à l'époque de la jouer genre Bogart, yeux plissés sur cigarette fumante... Alors, lamentable, deux jours après le début de ce qui devait être  notre fabuleux périple, la queue basse et l'orgueil en berne, je la ramène à Poitiers...Je la laisse, toute honte bue, chez ses parents, joie de Laetitia, meurtrissante, et regards surpris des vieux, et fais vrombir le moteur fatigué de la vieille Cox...
Je me souviens avoir dormi quelque part, dans un hôtel minable du côté de Chatellerault... je me revois au petit matin vérifier l'huile du moteur - le refroissement par air ça ne supporte pas la moindre négligence de ce côté là - et constater que le niveau était bien en deçà du raisonnable...  Et m'en foutre profond...
C'est comme ça que je me suis retrouvé pour la première fois de ma vie, en larmes dans les bras de mon père qui ne comprenait rien, mais me disait simplement: "Mais c'est pas grave, la voiture on va aller la remorquer, c'est pas grave, si ça s'trouve on peut faire un échange standard du moteur, c'est pas grave, allez, calme-toi..."  Moi je pensais que c'était de mon coeur qu'il aurait fallu faire un échange standard. Maintenant je sais que c'est de ma bite. N'empêche j'avais quand même le coeur lourd sur le coup. On est bête quand on aime, non? "

Vébé s'est tu; même Bezo il avait la gorge un peu serrée, même plus l'envie d'en sortir une bien bonne..."Ça c'est sûr, les Cox faut pas les sevrer sur l'huile, sinon t'es bon pour niquer l'moteur" j'ai dit histoire de dire quelque chose... C'est quand même Vébé qui a conclu: "Oui et tu vois, c'est drôle, mais la Cox j'ai jamais été la rechercher, j'lai laissée comme ça, encalaminée au bord de l'autostrade... et bien j'ai jamais eu d'nouvelles...Comme quoi les bagnoles, hein..." Personne n'a eu le courage de lui demander si des nouvelles il en avait eu de Kate... Jeannine était pas là: entre hommes on a sa pudeur quand même...


Posté par Briscard à 14:39 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

La petite nouvelle (pas très pudique)

Mais moi j veux savoir s'il en a eu des nouvelles…chai pas si j'ai trop forcé sur l'anis...ou cette 'tain d'allergie...mais chui comme un peu émue...

Posté par Douda, 18 août 2006 à 15:26

Des nouvelles...

Ben faut pas être émue comme ça ma grande... surtout que je vais pas tarder à fermer l'bistro pour trois semaines, alors faudra patienter un peu! Mais entre nous, (et c'est pas une figure de style: t'es bien ma seule lectrice!), je crois que oui qu'il en a eu des nouvelles... rendez-vous en septembre donc: le 11 j'offre la tournée générale pour la réouverture!

Posté par Briscard, 18 août 2006 à 16:12

Un an après ça pique encore... A croire que par ici c'est un vrai nid à saloperie qui grattent les yeux...

Posté par potagepekinois, 23 juillet 2007 à 19:13

Tss tss... On prend de l'avance? On me casse le teasing?!!! Bon, heureusement que ce n'est qu'ici! Sinon, un noir bien noir?....

Posté par Briscard, 24 juillet 2007 à 09:17

Ouais bien noir, un truc qui fait mal à la peau...

Posté par potagepekinois, 24 juillet 2007 à 09:47

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