18 août 2006
Aussi sec
Bon, ça y est: la petite nouvelle a
fini par venir s'enfiler son anis gras, Vébé qui commençait à être
torché lui a fait un ou deux compliments qui se voulaient vaguement
galants, mais qui n'étaient que d'un autre âge, Bezo s'est retenu, de
justesse de lui mettre une main aux fesses et Rachid lui a dit quelque
chose en arabe même qu'après qu'elle lui ait répondu, aussi en arabe,
il a fait une petite grimace et qu'il a fermé son claquemerde. Aussi
sec. Faut dire qu'avec les filles Rachid des fois il exagère même
qu'une fois Josy, qui fait l'ménage au Balto trois fois par semaine,
elle lui a retourné une mandale de première. Et on a jamais su ce qu'il
lui avait soufflé dans l'oreille...
Puis Vébé a promis, juré, craché qu'il reprendrait ses femmes à la rentrée et tout le monde a fini par se casser; je vais poser l'ardoise dans la vitrine, descendre la grille de fer, et hop, à mon tour de partir, direction Murat, direct. Aussi sec.
Echange standard
"Alors
le Veb' tu nous la termines ta Kate, là, que je puisse commencer à
préparer la fermeture?..." que j'ai attaqué, direct! Vébé faut jamais
le laisser sans stimuli sinon y cuve sa nostalgie tout seul dans le
Picon bière; et le Picon bière, ça ravage bien les cellules de la tête,
promis! "Surtout qu'ya une nouvelle qui a promis d'passer pour
t'écouter... tiens même que c'est une compatriote à toi Rachid... - Ah
bon, elle est d'Alger?..." qu'il a demandé Rachid. "Qu'est-ce que j'en
sais moi d'où elle est... c'est une arabe du Maroc, c'est tout c'que
j'sais... "que j'y ai répondu aussis sec "Putain que t'es vraiment
nul... Moi maint'nant j't'appelle plus qu'Briscon!" m'a rétorqué
Rachid. J'ai pas répondu parce que quand on est dans l'commerce faut
savoir se laisser traiter par le client: ça fait marcher les affaires.
J'ai préparé un anis gras pour la nouvelle qui n'allait pas tarder à
s'pointer tandis que Vébé a repris son histoire d'avant, de quand il
était pas encore à la ramasse...
"Mon
plan avait donc marché au-delà de tout espoir... Soyons clair
cependant: rien de vraiment prémédité dans ce plan... juste l'instinct,
le jeu de l'amour et du hasard, une improvisation à la va comme j'te
pousse, mais bon ça avait marché: Kate serait à moi pour une longue
semaine que j'imaginais déjà sexuelle et sensuelle à donf... nus du
matin au soir, et la nuit aussi, à se caresser, se toucher, à se faire
vibrer la libido comme des oufs... Bref j'étais bien excité, avec la
bite toute dure d'y penser, que même encore aujourd'hui j'ai le slip
qui s'échauffe d'évoquer ce moment béni...
Donc au fait: comme
convenu je passais prendre Kate chez ses vieux dans la banlieue de
Poitiers courant août... Je me souviens... quand j'arrivais, avec ma
vieille Cox pourrie elle m'attendait assise sur un banc, dans un
jardin triste, mi-potager mi-agrément où les poiriers disputaient
leur espace à deux bouleaux malingres, fauteurs d'ombre et apporteurs,
dixit son père, de vermine tout à fait néfaste aux gentes
arboricoles... Je me souviens, ça m'avait bien frappé, et ému fort
aussi: Kate était vêtue d'une espèce de blouse sans âge et sans forme,
vestige d'une vie provinciale qui n'était pas sans me rappeler mon
enfance pécore ... En même temps la blouse était généreusement
entrouverte, comme sa robe de notre première nuit, sur ses jambes dont
le galbe du mollet et la fermeté de la cuisse ne cessaient de me
fasciner... Après les politesses convenues avec ses parents et une
grosse bise à Laetitia qui me connaissait un peu quand même nous prîmes
la route, direction Pine's Land et Bite's Valley, l'endroit où nous
allions, enfin, surtout moi!, vivre pleinement et définitivement notre
amour, jusqu'au bout de nos envies, qui, comme tout bon nietzschéen le
sait, tendent l'arc de nos désirs!
Bref j'étais bien content et beaucoup énervé!
Nous
arrivâmes donc à Castelpers, après quand même pas mal de bagnole, et
Kate découvrit, enfin, le coin de paradis que je lui offrais... Pour
tout dire la découverte de la maison et de son environnement ne semblât
pas la transporter... Mais, bon, le voyage et le dépaysement, l'Aveyron
est une terre brutale, me semblaient pouvoir justifier un coup de blues
passager, et c'est à la lueur d'un superbe lustre camping
gaz que nous prîmes notre premier dîner en tête à tête... la nuit
qui suivit fut marquée par une grande première: Kate s'endormit comme
une masse après m'avoir bisé bonne nuit, et laissé avec mon gourdin de
CRS entre les mains! Je venais de découvrir, pour la première fois de
ma vie, le sens de l'expression "dormir à l'hôtel du cul tourné"! Là
j'aurais dû commencer à me méfier... mais bon je mettais ça sur le coup
de la fatigue du voyage... vérifie sur une carte: Poitiers-Castelpers
c'est pas gagné!
Le lendemain, soleil radieux, nous allons
approvisionner le havre de paix au Spar de Naucelle, et hop, direction
premier bain de soleilsex sur herbe... dire que c'était bien, c'est
carrément faire dans la litote et l'euphémisme! Le père Marc n'a pas eu
à passer de désherbant pendant 5 ans là où nous avons semé le fruit de
nos étreintes! Parole! Puis deuxième nuit dodo, un peu distante
encore... Et lendemain triste et distante beaucoup... Là les souvenirs
se troublent... beaucoup de douleur... dans le lit l'après midi... le
soleil brûlant dehors... elle pleure... me dit qu'elle ne peut plus...
avec moi... que ce n'est pas possible... prisonnière elle se sent...
vivre elle veut... m'aime pas... enfin pas comme je voudrais... veut
rentrer à Poitiers... moi je n'entends que "m'aime pas"... normal
n'est-ce pas? Mais quoi, je fais quoi? Je l'étrangle, là, entre Vayre
et Viaur, et m'enfuie de par le vaste monde?... Incapable, en tout cas,
à l'époque de la jouer genre Bogart, yeux plissés sur cigarette
fumante... Alors, lamentable, deux jours après le début de ce qui
devait être notre fabuleux périple, la queue basse et l'orgueil
en berne, je la ramène à Poitiers...Je la laisse, toute honte bue, chez
ses parents, joie de Laetitia, meurtrissante, et regards surpris des
vieux, et fais vrombir le moteur fatigué de la vieille Cox...
Je
me souviens avoir dormi quelque part, dans un hôtel minable du côté de
Chatellerault... je me revois au petit matin vérifier l'huile du moteur
- le refroissement par air ça ne supporte pas la moindre négligence de
ce côté là - et constater que le niveau était bien en deçà du
raisonnable... Et m'en foutre profond...
C'est comme ça que
je me suis retrouvé pour la première fois de ma vie, en larmes dans les
bras de mon père qui ne comprenait rien, mais me disait simplement:
"Mais c'est pas grave, la voiture on va aller la remorquer, c'est pas
grave, si ça s'trouve on peut faire un échange standard du moteur,
c'est pas grave, allez, calme-toi..." Moi je pensais que c'était
de mon coeur qu'il aurait fallu faire un échange standard. Maintenant
je sais que c'est de ma bite. N'empêche j'avais quand même le coeur
lourd sur le coup. On est bête quand on aime, non? "
Vébé s'est tu; même Bezo il avait la gorge un peu serrée, même plus l'envie d'en sortir une bien bonne..."Ça c'est sûr, les Cox faut pas les sevrer sur l'huile, sinon t'es bon pour niquer l'moteur" j'ai dit histoire de dire quelque chose... C'est quand même Vébé qui a conclu: "Oui et tu vois, c'est drôle, mais la Cox j'ai jamais été la rechercher, j'lai laissée comme ça, encalaminée au bord de l'autostrade... et bien j'ai jamais eu d'nouvelles...Comme quoi les bagnoles, hein..." Personne n'a eu le courage de lui demander si des nouvelles il en avait eu de Kate... Jeannine était pas là: entre hommes on a sa pudeur quand même...
17 août 2006
'tain d'allergie

Vébé a continué, comme de si rien n'était, ignorant superbement l'interruption de Jeannine:
"Je me retrouvais donc un beau jour de juillet, avec Anne et Marco qui y passaient leurs vacances, dans la Petite Maison dans la prairie! Je te plante le décor: au fin fond du Ségala, quelque part entre Vayre et Viaur, il y a quelques vallées perdues peuplées de vipères inoffensives l'été et de sangliers irascibles l'hiver. Au flanc d'une de ces vallées Marc avait déniché une maison, improbable et minuscule école d'un temps révolu où les quelques paysans qui avaient jadis disputé le terrain aux vipères, avaient tenu à scolariser leurs bouseux de gamin dans un lieu équidistant de leur fermes isolées, mais, du coup lui aussi isolé du reste du monde... L'endroit, même pas un hameau, se composait d'une chapelle abandonnée, avec son cimetière et son presbytère adjacents, et d'une maison bâtie à flan de colline, celle de Jacques justement.
L'endroit était magique et la maison petite, et l'idée que j'avais eu, lorsque j'avais entendu parler la première fois de cette maison, prenait une épaisseur singulière et envahissait le champ de mon possible, comme on jargonnait à l'époque: j'allais baiser à couilles rabattues avec Kate dans ce petit paradis sûrement envahi par les satyres et les nymphes lors des bacchanales estivales! Bon d'accord il n'y avait ni eau ni électricité, mais le puits n'était qu'à 100 mètres, et le passé scout de Marc l'avait fait passer maître dans l'usage d'accessoires de survie sous toutes leurs formes: lampes, lustres, chauffage, cuisson... Bref il ne me restait plus qu'à régler deux petits problèmes accessoires: me faire prêter la baraque une semaine en août et convaincre Kate de venir avec moi...
Pour le premier point ce fut avec un plaisir sincère et même une pointe de fierté que Marco me montra la pierre sous laquelle il allait laisser la grosse clé qui protégeait une table en chêne et deux bancs, deux lits et la collection complète de tout ce que le catalogue du Vieux Campeur comptait de solutions camping-gaz! Pour le deuxième point je savais que Kate prenait ses vacances en août et je savais aussi qu'elle devait les passer chez ses parents, à Poitiers, avec sa fille. Nous n'avions rien prévu de particulier ensemble, aussi allais-je tenter un coup bien relou: un soir, comme ça, désinvolte et l'air de rien je lui parlai de la maison, et comme quoi que j'allais y passer une semaine en août, que j'étais tout seul et que j'allais sûrement inviter ma copine Isa qui était toute seule aussi, et tout ça... tu parles Isa, heureuse adepte des Assedic, coulait des jours heureux dans la Sarthe avec un saxophoniste. Kate c'était pas le genre jalouse ni possessive, mais quand même le coup que je parte avec Isa, dont elle avait beaucoup entendu parler mais qu'elle ne connaissait pas, ça lui tourneboulait bien un peu la cervelle, je le sentais... J'avais amorcé en douceur, il fallait ferrer maintenant. "Dis je pense à un truc, je lui dis comme ça, et si je passais te chercher à Poitiers et ensuite direction Castelpers? Mais j'suis con, c'est pas possible parce que c'est pas trop un endroit pour Laetitia: sans eau, sans électricité ça risque d'être pas l'pied pour elle et pour toi non plus du coup..." Bon j'vous fais pas de dessin: Castelpers c'était là ou était la baraque à Marco et Laetitia celui de la gamine à Kate. Là reconnais que c'était quand même risqué: c'était tout ou rien! A mon grand soulagement, et presque sans réfléchir elle me dit que justement ça lui ferait du bien de se reposer un peu sans sa fille, qu'en plus ses parents seraient aux anges de pouvoir pouponner un peu et que ça serait super d'être ensemble, tous seuls au bout du monde... Ce soir là je dus être encore plus baiseux que jamais! Mais voila, elle m'avait répondu spontanément, "sans réfléchir"... et c'était bien ça le problème... mais je ne le savais pas encore..."
Vébé s'est tu, les yeux perdus dans le miroir derrière le comptoir; moi qui le connait bien le Veb', je sais que dans ces moments là il est plongé dans le marécage des souvenirs, limite embourbé, le regard humide et l'âme toute fripée... Faut pas l'déranger dans ces moments là, il peut devenir féroce si on l'trouble... J'ai juste ponctué, histoire de pas l'brusquer:
" - Tiens ça m'fait penser qu'il faut que je me prépare pour la fermeture; samedi j'file au pays!
- T'es d'l'Aveyron, Briscouille? qu'il me fait Bezo. Bezo faut toujours qu'il donne des surnoms; des fois ça lasse...
- Non, du Cantal, tous les bistros sont cantalous d'origine, mon pote!"
Vébé a eu l'air de sortir du couloir du temps:
" - Non, ya aussi des bistros de l'Aveyron... Tu fermes samedi, Briscard?
- Ouais Veb', samedi soir!
- Alors ça va j'aurais l'temps d'vous finir Kate et les vipères ...". Puis il s'est essuyé les yeux: "'tain, c'est chiant c't'allergie... en plus ça dure longtemps cette année..."
16 août 2006
Les mots d'la tête
C'est moi, ce coup-ci, qui ait relancé Vébé sur ses rails: "Mais dis donc Veb', en définitive tu l'as sautée la mère Kate ce soir là?" Bézo a repris à ma suite,sur le thème, genre plus dégueulasse avec allusions bien graveleuses quant aux vertus dessicatives du chlore de piscine sur les muqueuses intimes et aux efforts du lubrification auxquels avait sûrement dû se livrer Vébé. Du Bézo pur jus si j'ose dire! Jeannine l'a traité de gros pourri du fion et d'autres qualificatifs plus ou moins orduriers, lui reprochant son évident manque de romantisme, tandis que Rachid se curait le nez d'un index décidé et à moitié enfoncé dans le nez qu'il avait, heureusement un peu fort. Du coup Vébé a repris:
"Tu parles que je l'ai sautée!... Plutôt cinq fois qu'une, oui! Et c'est marrant tu vois, c'est bien des années plus tard que je compris ce que j'avais découvert ce soir là: l'addiction sexuelle la plus totale et définitive, l'abandon complet et la soumission absolue... j'allais me faire mener par le bout d'la bite pendant plus de trois ans... J'ai longtemps mis ça sous le coup de l'amour passionnel... Alors que ce n'était que du cul... Mais j'allais bien en chier quand même...
Donc j'étais complètement dingue de cette fille. Mais sévère grave. Je comprenais bien maintenant le sens de l'expression coup de foutre: j'aimais son corps comme un malade. Avec elle je pouvais baiser 3 ou 4 fois par nuit (5 fois c'était juste la première fois !) sans problème et pour moi c'était pas une performance mais bien plutôt un exploit, et je ne voulais plus la quitter. Très vite, cependant, je dus revoir mes prétentions bitardes et affectives à la baisse: d'abord chacun chez soi et pas de projet commun. Ensuite pas question que je passe des nuits entières chez elle: elle avait hérité d'un mariage trop jeune une gamine qui avait dans les 5 ans et qui devait iméprativement se réveiller sans mec à la maison; question de morale et d'équilibre qu'elle disait Kate. Moi j'avoue que tant que la morale ne l'empêchait pas de me tirlipoter l'schmilblic le plus souvent possible, je me fichais un peu de la gamine. Seulement voilà les nuits chez moi aussi seraient rares et entièrement dépendantes du bon vouloir de sa soeur pour garder la gamine ou des week end de garde du père, sachant qu'il était souvent oublieux de sa garde. Bref ça commençait un peu dur par un CDD à temps partiel, sans garantie de renouvellement! La mère Kate elle avait le sens du précaire que c'en était un vrai bonheur! Une vraie intermittente de la fesse!... Mais j'étais trop accro pour tenter de négocier quoique ce soit: ses conditions étaient les miennes pourvu que j'ai toujours accès à elle, de temps en temps... Mais ce qui était vraiment dur, mais alors vraiment, c'était que je la voyais toute la journée au boulot. Et pas le soir. Ça c'était dur. Mais bon je l'aimais et puis j'étais free n'est-ce pas? Anarcho-désirant... tu parles désirant, oui, anarcho de moins en moins... Mais haut les coeurs et foin de jérémiades: c'était mon destin et je devais le vivre jusqu'au bout, comme j'avais vécu toutes les fluctuations du cul avec Danny dont j'vous ai déjà causé... En même temps j'avais commencé à ourdir un plan secret pour l'avoir toute à moi pendant plusieurs jours...
Bon je continue et te la fais par le menu, pour que tu comprennes bien toute la complexité de mon plan de merde merdeux... Comme tu le sais j'étais bien copain avec une belle sarthoise aux amitiés interlopes, Isa. Isa elle avait une soeur, Anne, qui elle-même était macquée avec Marc, un drôle de type comme j'en croisais pas beaucoup en ce temps là... Fils d'un gros imprimeur, il avait développé chez son père une activité un peu particulière de papiers spéciaux, jaspés pour les reliures par exemple, ou étiquettes pour les grands crus bordelais... Complètement autodidacte, il bossait dans l'imprimerie à papa depuis l'âge de 18 ans, et ses loisirs enfantins avaient été totalement encadrés par le scoutisme le plus traditionnel qu'il soit... Incroyablement silencieux, avec toujours un petit sourire narquois au coin de l'appendice buccal, il semblait poser sur le monde un regard plein d'une morgue désabusée et vaguement désapprobatrice. En réalité il était incroyablement complexé par ce qu'il pensait être son inculture, alors qu'il avait lu probablement plus de livres que nous tous réunis vu que son père faisait surtout dans l'édition... Bien sûr il avait lu un peu dans le désordre et sans qu'on lui ait jamais proposé une véritable hiérarchisation, alors forcément ça se bousculait parfois un peu à ce portillon de la pensée qu'est la bouche, d'où son silence prudent, surtout en présence d'inconnus... J'ai d'ailleurs toujours pensé qu'il était avec sa nana pour, justement, remettre de l'ordre dans son grand bazar intime: elle était documentaliste... Entre autres qualités Marc le Taciturne avait une maison dans le sud Aveyron, dont la description m'avait laissé bavant, tant elle s'inscrivait dans tous les poncifs de la mythologie écolo, qui, à l'époque, commençait à prendre le relais du gauchisme hasardeux. Or moi vous m'connaissez: jouant toujours aux jeunes gens modernes, j'allais en vacances avec Lanza Del Vasto sur le Larzac et lisait Actuel première époque dans le texte (Actuel à l'époque c'était Sex Drugs & Folk!). Bref les deux soeurs avaient gentiment suggéré que Marco aurait bien pu m'inviter un de ces quatre dans son petit paradis, et le Taciturne avait accepté du bout de son sourire narquois. "
C'est Jeannine qui l'a coupé: "Vrai Vébé, vous avez des mots des fois... des vrais mots d'la tête que ça m'fait du bien, mieux qu'un aspirine... Hein qui cause bien Vébé?.." Jeannine c'est avant tout une cérébrale; nous on est plutôt tourné côté cul, alors les souvenirs du Veb' si c'est pas un peu biteux, très vite ça peut nous lasser; mais là c'était pourtant vrai qu'on buvait ses paroles comme qui dirait du picon bière.
11 août 2006
Canicule
Après s'être humecté les papilles, Vébé a poursuivi:
"Ce soir là l'eau de la piscine a du monter de 3 degrés, tellement j'étais chaud! Une vraie canicule à moi tout seul! Après s'être bien fait chier à faire des longueurs la petite bande s'ébroua, direction mon "grand" stud' de 35 m2, pour un apéritif bien mérité... ma soeur et son mec décrochent, vite fait, rapport qu'ils étaient bien sages et bien sérieux la semaine... l'ingénieur british et mon vieux pote décident de se faire un restau vite fait, l'un devant raccompagner l'autre et je me retrouve donc avec Véro la convoitée et Kate qui commençait un peu à jouer l'incruste, je trouvai... Mais, bon, en même temps j'allai pas la mettre à la porte... Que tu saches: dans ma stratégie y avait champagne pour les dames; le moment était propice, les pique assiettes étaient partis - car mes potes quand ils s'y mettaient fallait pas espérer les leurrer au Pepsi: tant qu'y avait d'l'alcool, les gosiers hurlaient à la soif! - et donc je sors le champ', l'ouvre et le verse à mes groupies... Je mets So what sur la Thorens, me sers un whisky à l'eau (je voulais pas me retrouver déchiré et le champ' me fait péter) et entame ostensiblement de roucouler, yeux mi clos et sourire ravageur en direction de Véro... dans le même temps Kate commence à glisser au pied de son fauteuil et à allonger ses jambes, robe bien relevée, sur le tapis, sa tête sur le siège du fauteuil... Juste au moment où Miles chope son chorus...
Ambiance... en plus la putine fait mine de s'assoupir légèrement, genre j'suis cassée, j'frais bien une p'tite dormette chez toi... Ambiance, de plus en plus... Véro est d'abord toute gênée et jette des regards furtifs en direction de cette femelle alanguie, dont elle mesure bien toute la charge érotique, puis de furtifs ses regards se font désapprobateurs, surtout quand elle surprend le mien, de regard, en train de vaguer le long des cuisses musclées de Kate... c'est à ce moment que j'ai compris que j'avais perdu toute chance de mettre Véro dans mon lit ce soir là et tout autre soir non plus d'ailleurs! Trois minutes après Véro se lève, malgré mes protestations, prend son sac de pistoche et me dis avec un petit sourire mi-ironique mi-énervé: "Bonne nuit quand même..." Pas bonne soirée, elle me dit, non, bonne nuit... va savoir pourquoi...
Véro' je ne devais plus la revoir pendant des années... ma soeur m'expliqua qu'elle ne comprenait pas pourquoi mais que sa cop' ne voulait plus entendre parler de piscine en bande... Pendant ce temps Kate n'avait même pas bougé, ni dit au revoir à Véro, comme si elle s'assoupissait vraiment... je débarrassai le verre de Véro', les joues en feu et le zob bien dur, et m'assis, silencieux au pied de mon fauteuil à mon tour, les yeux perdus dans un entre-jambes que j'entr'apercevais sous la robe qui n'en finissait plus de remonter... Quand je la pris dans mes bras je savais déjà qu'elle avait oublié de remettre sa culotte à la piscine."
Quand Vébé s'est tu, personne n'a parlé... on avait tous la gorge sèche... une vraie canicule à lui tout seul ce mec, vrai.
10 août 2006
La pistoche
C'est Bezo qui a relancé le premier d'un vibrant "alors Vébé, tu nous les racontes tes femmes, comme tu l'avais promis?...", suivi par Rachid avec un insistant et ironique "ouais, c'est vrai, tes gazelles là, jusqu'ici, 'scuse-moi, mais c'est pas les mille et une nuits, pardon M'sieur Vébé!". Moi, j'ai fait dans l'sobre: "J'te r'mets un Picon bière Veb'?" Vébé souvent moi j'l'appelle Veb', rapport que j'le connais depuis toujours, même d'avant le temps du Vermouth.
"Non, tiens, mets moi plutôt un double jaune, j'vais vous faire Catherine... C'est du lourd ça Catherine... ça m'donne soif rien que d'y repenser, alors la raconter, j'te dis pas!... Catherine, Kate, pour faire court et sentimental, je l'avais rencontré au boulot... à l'époque j'étais jeune assistant pédagogique dans une grosse boite et on avait une secrétaire partagée... je ne savais pas encore à quel point elle allait l'être, partagée, la secrétaire en question! Le boulot je te raconte pas: je découvrais, épaté, le monde de l'entreprise: on pouvait y glander en toute impunité, et, si on était malin, passer en plus pour une bête de travail - bon c'est vrai que j'ai toujours eu de grandes facilités pour faire, et rapidement, du vent avec de l'air; ça aide... Bref j'étais comme au paradis, avec de la thune en plus. Et Kate en plus. Kate c'était la fameuse secrétaire partagée. Pour resituer l'ambiance, on était en 76, le punk était naissant et Giscard bouffait des oeufs brouillés avec des éboueurs blackos à la télé... A la radio y avait Souchon la Souche qui commençait ses souchonneries et Cabrel qui l'aimait déjà à mourir... ... Moi j'avais les cheveux aux épaules, portait des sabots suédois, jouait tout Crosby Still & Nash à la gratte acoustique et me défonçais la gueule deux à trois fois par semaine avec de la reubeu que faisait pousser mon jeune beauf dans le jardin de sa mère, du côté de Versailles... J'avais donc des excuses pour tout ce qui allait se passer...
Kate elle était pas vraiment jolie, mais elle avait du chien: un visage taillé à la serpe avec des cheveux coupés courts qui accentuaient son côté masculin, et un corps de vraie sportive: des seins petits mais fermes, des jambes et des fesses musclées, ventre plat et épaules carrées... Honnêtement elle avait tout pour plaire au pédé qui dort en chaque homme! Et en plus c'était une femme! Faut dire qu'elle avait fait du handball en championnat de France, et qu'elle continuait à pratiquer en amateur... Bref un beau mais solide, brin de fille! Kate en fait elle n'avait qu'un défaut: elle avait pas beaucoup de cervelle... pas bête, non, mais pas vraiment préoccupée par les choses de la tête... une grande fille simple de 1,70m, sans soucis ni problèmes... enfin que je croyais... Bien sûr la promiscuité professionnelle avait bien favorisé quelques frôlements de main, voire quelques regards en douce dans des échancrures de chemise, largement déboutonnée, parce que je ne sais plus vers quelle époque les femmes se sont remises à mettre des soutiens gorges, mais à l'époque le sein se portait à vif, libre et mutin et le téton toujours au bord des bords. Mais ma timidité maladive que j'avais encore bien forte à l'époque, et une espèce de retenue qui me faisait croire que dans les boites on draguait pas, m'empêchaient de concrétiser plus avant ce que je ressentais bien comme une attirance, et dont j'étais quasi sûr qu'elle était partagée. Bon depuis j'ai appris que dans les boites, surtout les grosses, on baise à couilles rabattues dans tous les ascenceurs et que si tripoter sa secrétaire c'est du harcèlement, ne pas la dragouiller c'est de la discrimination! Du coup Kate je l'ai connu, bibliquement, grâce à la pistoche... Que j'vous raconte comment...
J'avais dans mon collimateur bitard une copine à ma frangine, Véronique, d'à peine 18 ans, jolie et fraîche comme un coeur, et pour laquelle j'avais l'avantage considérable d'être un initiateur potentiel, ce qui ne pouvait qu'atténuer mon incroyable manque de confiance en moi côté cul! Nous avions entrepris, à cette époque, d'aller, en bande, à la piscine, en nocturne, une fois par semaine. Je me souviens ma soeur, fraîchement maquée avec son mec, mon pourvoyeur en médecine par les plantes, habitait pas loin d'chez moi, dans le 12ème et nous avions jeté notre dévolu sur une piscaille près du périph', ... Y avait, lors de ces sorties aquatiques ma frangine et son mec, sa copine convoitée, un pote à moi, Dan, qui créchait à côté, et un mec du boulot, Terry, un ingénieur engliche. Parfois Kate, invitée une première fois par Terry, se joignait à nous, la proximité du périph' facilitant son retour dans sa banlieue toute proche de Choisy Le Roi. Un soir, donc, piscine partie avec la distribution au grand complet... Ce soir là Véro, la copine à ma soeur, était programmée: elle me chauffait bien depuis déjà quelques temps et j'étais décidé: j'allais conclure! Parce que faut pas croire que c'était la blanche tourterelle non plus la mère Véronique: en fait je crois que ça la travaillait bien de se faire le grand frère de sa copine, surtout qu'elle me connaissait depuis des années... alors forcément elle était un peu biche avec moi, genre bises commissures, et rires lâchés tête sur mon épaule... bref j'avais la biroute toute détraquée, un peu gêné quand même, rapport que c'était quand même une proche de ma frangine, pas de l'inceste, non, mais bon, quand même bien coincé le Vébé malgré sa jouissance sans entraves! Mais là fini de rigoler... je venais de lire, enfin d'faire semblant de lire, les pères Deleuze et Gattary, et c'était dit: je serais anarcho-désirant ou je ne serais pas, et Véro allait passer à la casserole! Nom de Dieu!"
Sur ce, Vébé qui, d'un signe de main, m'avait signifié une retournette de double jaune pendant sa tirade, prend son godet et s'en enfile le contenu dans un gosier visiblement asséché: "'tain, ça donne soif ces conneries d'souvenirs, merde! Et c'est pas fini..."
08 août 2006
Nice and friendly
C'est Jeannine, avec deux n, qui a relancé: "Dites Mr Vébé, vous nous la finissez l'histoire de l'Américaine?" Jeannine, Américain elle le prononçait toujours avec un grand A. Question d'fascination, probable. Du coup Vébé, qu'on avait pas besoin de lui solliciter beaucoup la tchache, il a redémarré aussi sec sur son histoire de gousses:
"Donc j'avais un peu les foies, rapport aux deux excitées de la foufoune dont je me doutais bien qu'elles allaient me chambrer. Effectivement mes craintes étaient justifiées, au-delà de toutes mes espérances, et les deux connes n'eurent de cesse de me vanner sur le thème t'es qu'un nul macho, en plus elle a plein de boutons sur la gueule ton américaine (c'était un peu vrai), tu veux pas qu'on s'en occupe... Heureusement c'était en fin d'après midi et la toison avait enfilé un T-shirt (mais toujours pas de culotte, ya pas de raison) et Domi s'était habillée presque normal... mais quand même j'étais bien embêté pour traduire, et bien fâché aussi... Bref on passe une soirée à chier, elles, se bourrant la gueule à mort, moi, essayant de parler un peu avec la gamine qui avait l'air effaré, et se demandant si elle n'était pas dans la Maison du Diable. Les copines avaient mis les Doors à fond, sur la stéréo pourave de la baraque, pendant qu'le cône magique tournait; mais je sentais bien que la petite, son genre, c'était plutôt Simon & Garfunkel! Pourtant elle balançait gentiment la tête sur les hurlements de Morrisson... L'effet chichon, probable!
Du coup j'ai pas osé rien tenter, même pas lui prendre la main, tellement j'étais géné de l'hystérie des deux militantes! On s'est gentiment mis dans nos duvets respectifs, on s'est dit bonsoir gentiment et j'ai pas fermé l'œil de la nuit. Le lendemain je la raccompagnai à la gare, en m'excusant pour la soirée; elle me répondit, avec une sincérité et un engouement qui n'étaient pas feints: "But it's OK and your friends are so nice and you're all so friendly... it was really a great night"... pour nice and friendly je suis sûr des mots qu'elle a dit; moi j'aurai plutôt dit shitty et lousy, mais j'suis pas très bon en english, alors..."
Jeannine a semblé un peu déçue: elle voyait sûrement Vébé, invité aux States, par la jeune et richissime héritière rencontrée dans le train, ou un cinéma comme ça... Mais c'est encore Bézo qui a conclu:"Comme quoi, merde, la barrière des langues c'est quand même pas toujours un handicap... Du coup t'aurais pu t'la faire la Ricaine, non?"
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04 août 2006
Les Gousses
C’est Bézo qui a commencé: "Moi les mariages entre pédés ou entre gousses ça m'débecte, et de toute façon c'est pas normal!" Rachid lui a dit comme ça que c'était un "gros con d'facho d'merde d'enculé d'sa race" sur quoi Bezo lui a dit "toi bougnoulman j't'emmerde". Bref une discussion tranquillou comme on avait l'habitude au Balto. Moi dans ces coups là j'remplis les verres et quand les choses vont trop loin, j'apaise d'un "allons, allons, faut pas dire des choses qu'on pense pas"... Mais là c'est Vébé qui a pris la balle au bond:
"Tiens à propos d'gousses, j'vous ai pas raconté, c'qui m'est arrivé dans les 70... A l'époque on avait loué, avec une bande de recouilles de mes deux belles, une baraque près du Mans, et on se faisait des séjours bien glandos... Moi, le plus souvent, je filai sur les routes sarthoises sur la moto d'un pote, sans casque, la tronche éclatée par le vent, et aussi un peu, faut reconnaître, par la reubeu magique qu'on pratiquait alors comme le Picon bière aujourd'hui! Faut dire que dans ces temps bénis on plantait sur nos balcons, on pilotait sans casque et on baisait sans capote... On s'est fabriqué dans c't'endroit des souvenirs de fesse que j'y passerais la nuit à vous les raconter! Tiens, une fois on avait invité une fille, Domi, qui était venue avec sa copine, genre gouinasse bien lourde. Bon, nous on était à donf MLF et FHAR, donc pas de blèmes. Moi j'avais rejoins la petite équipe en train, deux jours après leur arrivée. Dans le Paris-Le Mans v'là-t-y pas que je rencontre une petite américaine genre routarde, mais bien gamine, 18 ans pas plus; à l'époque j'avais quoi?... dans les 23/24 ... j'étais encore avec Danny, qu'j'vous en ai déjà causé, même si elle, elle n'était plus avec moi... du coup comme j'étais bien cocu, je dragouille une peu la gamine qui parlait pas un mot de français... elle avait un truc à faire j'sais plus où, ou quelqu'un à voir, puis après elle reprenait sa ballade... aussi sec je lui propose de venir passer un jour ou deux dans notre maison... Bon, OK elle dit et Vébé il se dit que dans la promiscuité de la baraque, shit et vin aidant, ça s'rait bien la mort s'il n'arrivait pas à avoir une petite aventure queutarde... A la baraque justement les copines s'étaient déchaînées: Domi ne portait en tout et pour tout qu'une chemise trop courte, bien relevée sur son Calcutta, quant à l'autre elle n'était vêtue que d'une légère toison pubienne blonde... et bien sûr elles passaient leur temps à se peloter sévère, genre provoc'... je me souviens d'un copain qui en avait les yeux exorbités et moi même j'avais pas vraiment le slip à l'aise... Mais bon on était libérés n'est-ce pas... alors on faisait comme de si rien n'était, allongés, bien dur de la bite, dans l'herbe sarthoise... Moi j'étais quand même un peu inquiet rapport à ma copine du train que je devais aller chercher à la gare le soir même... je sentais venir le coup fourré... mais bon, je n'avais plus le choix... "
C'est à ce moment qu'on a eu la panne de courant: plus d'pression au perco, plus d'glaçons pour le jaune, et la nuit qui tombe... j'ai du fermer en urgence, mais Vébé il a promis qu'il nous finirait l'histoire. Ya intérêt parce que là on commençait tous à avoir l'émotion bien dure et bien chaude! C'est Bézo qui a eu le dernier mot: "Tu vois là, par contre, les gousses, j'ai rien contre..."
03 août 2006
Notre Dame de La Garde
Vébé quand y dit un truc y s'y tient, avec lui pas d'lézard! Aussi nous on s'est dit qu'on allait avoir droit à toutes ses cochonneries bien sales qu'il nous racontait par bribes, les soirs où il était à la ramasse... Et puis non, v'la qu'y s'est mis à faire de la prose avec des mots d'la tête, comme s'il voulait faire du plaisir à Jeannine...
"Le grand truc qui occupe bien tous les garçons c'est le dépucelage. Enfin, le grand mystère, le truc qui fait que tu frimes à mort devant les copains mais que en même temps tu veux pas dire le grand ratage que c'était, la première fille qu'on a pris dans ses bras, à quel point c'était pas le grand frisson... Pour moi c'était 69, juste après 68 que les grands ils nous avaient bien excité la bite avec leurs coucheries à la Sorbonne... C'est extra... Retour de Corse ... j'avais 15 ans et des... sur le bateau trois instit' qui revenaient de faire une colo... chaudes comme des petits pains sortis du four... nous, trois copains, Borto', l'autre que je me souviens plus du nom et moi, qu'on appelait Jésus, rapport aux cheveux que j'avais bien longs pour l'époque... bref sur le bateau - Calvi/Marseille, huit heures torrides - picole, puis danse puis ballades sur le pont des 3èmes en plein air... ma nana d'un soir aucun souvenir... pas très belle je crois me rappeler... m'a violé, ça c'est sûr... souvenir de plaisir mitigé, un peu visqueux beaucoup gluant... forcément j'avais les couilles pleines d'un mois sans branlette, promiscuité oblige... mais, mâle oblige, j'ai le souvenir ébloui d'un lever de soleil sur Marseille, avec mon pote Borto' sur le bastingage du bateau... Notre Dame de la Garde nous souriait et le monde nous appartenait... Et tu vois, c'est drôle, après j'ai plus baisé pendant près de 5 ans... "
Jeannine, on l'a bien vu, elle a fait un peu la grimace sur les passages mouillés, mais le coup de Notre Dame de La Garde, ça, ça lui a tiré deux larmes qui sont venues troubler le jaune qu'elle boit sec d'habitude. Les femmes c'est trop sensible.
02 août 2006
Marrant la vie
Marrant la vie, à peine j'ai ouvert que vl'à Vébé qui pointe son museau... çui-là dès qu'ya un coup à boire il est jamais en r'tard d'un RER, parole! Et aussi sec, à peine il avait bu son deuxième Picon bière que Bezo s'ramène flanqué de son ombre, Rachid, dit Huilda, parce que Huilda Rachid... ça c'est du Bezo... jamais il en loupe une, le con! Du coup on s'est retrouvé comme dans l'temps, au Vermouth, le coeur bien au chaud, entre potes, et la tête dans les souvenirs des muflées de comptoir et des filles qu'on avait eu, avec la mémoire bien échauffée par les retrouvailles et la Licence IV... Et puis Vébé s'est mis à parler... comme ça, sans s'arrêter, enfin sans qu'on ait l'envie de l'arrêter, tellement y raconte bien des fois...
"Marrant la vie... on rencontre toujours les mêmes gens... j'veux dire, pour moi, les mêmes femmes... jamais je rencontre des bimbos hypertrophiées mammaires, ni des profs lunettées et toilettées par Yves Rocher! Non plus des Super Nanas de chez HEC ou ESSEC... encore moins des caissières de Monop' ou Casino ni des femmes de ménage espagnoles ou portos... Non mon truc à moi c'est la déjantée, du sexe plein partout et jamais calme de la tête. Tiens, regarde mon premier patin, qui montre bien que ya pas de hasard: Dominique, une sauvage celle-là! J'avais quoi, dans les 13 ans?... C 'était à la campagne, elle venait me prendre pour aller chercher le lait à la ferme, et pendant le trajet je me faisais quasiment violer! Note que j'aimais bien ça! En même temps sa fougue m'affolait complètement: ses baisers langue restent un des moments les plus forts et les plus effrayants de ma vie sentimentalo-sexuelle: elle m'avalait l'appareil buccolingual avec une frénésie et un enthousiasme digne d'une professionnelle! Bref une furieuse! Elle était originaire de Montpellier: la chaleur méditerranéenne sans doute... le truc c'est qu'un jour elle m'a dit qu'elle m'aimait... du coup je me suis caché pendant tout le reste des vacances! Mes parents étaient morts de rire quand elle venait me chercher pour le lait et que j'étais enfermé dans la maison, et eux de lui dire sur la terrasse: "non, non il est pas là"... les parents en définitive, ils étaient fiers de leur petit coq... c'est pas malin... surtout pour une gamine qui en pince pour un parisien... mais bon c'est la vie...Enfin, déjà une à fort tempérament... Marrant la vie..."
A c'moment Jeannine, avec 2 n, qui nous avait retrouvé, elle a dit que ça s'rait bien qu'il continue Vébé, rapport que ça lui remuait les intérieurs à elle les histoires d'amour... Nous, les mecs on s'est marré un bon coup, parce que Vébé on le connait: ses histoires c'est pas toujours d'la dentelle du Puy! Mais Vébé il a dit bon, OK, j'vais vous raconter mes femmes... C'est comme ça que ça a commencé, vous pouvez demander à Bezo... Marrant la vie...