21 septembre 2006
ORTF
"Et c'est comme ça qu'on s'est quittés avec Kate... lamentablement... piteusement... J'avais largué sa fille à sa frangine, et, hop, plus d'nouvelles! Comme j'avais changé de job et de bureau j'l'ai plus jamais revu... juste un peu croisé dans les couloirs, comme ça... on se saluait bien froids, bien distants... et je me suis retrouvé comme après Danny, bien seul et bien triste, le coeur recuit et la bite en berne. Tiens mets-moi donc une fine à l'eau, ces histoires ça m'a donné soif!" Vébé venait ainsi de balayer 5 ans d'sa vie, d'un coup d'fine à l'eau, et je le sentais bien parti pour se torcher la gueule à donf. "Dis-donc, Danny, là, tu nous en causes tout l'temps comme si on connaissait, mais t'en as jamais parlé..." essayai-je de le distraire de sa mélancolie naissante. "Tiens, non, c'est vrai... Remarque c'était un cas aussi Danny..." Et voilà! Le Veb' allait repartir dans ses histoires de femmes comme on aime bien, nous au Balto: du sentiment, d'la fesse et des embrouilles... bref des histoires de la vraie vie, quoi!
"Danny... Danny je l'ai connu à la télé... enfin à l'ORTF avant que le truc soit éclaté en chaînes et radios... C'était dans les années 73/74 et j'étais bien minot, 20 ans à peine... Si je te disais que depuis ma misérable aventure marseillaise j'avais pas tiré une seule gonzesse ni même m'être fait sucer la tebi par une quelconque radasse! Pour dire que j'étais quand même bien coincé et un peu puceau à l'époque! Comme métier j'étais assistant de prod' dans un service qui diffusait toutes les émissions scolaires et éducatives, produites par l'Educ' Nat' pour les petits et les grands. Mon boulot c'était de vérifier sur la table de montage que les copies antennes n'étaient pas trop pouraves, de m'assurer que les speakerines récitaient correct les conducteurs qu'on leur avait envoyé le matin, et des fois de choisir dans une liste de blaireaux le réalisateur ringard qu'on pourrait se payer pour nos pauvres productions...
Danny c'était la secrétaire d'un type bizarre, qu'on soupçonnait d'appartenir aux RG car il visionnait avec moi les films sensibles des communistes de l'Educ Nat ... je me souviens de la série "Travail Social", destinée à la formation permanente des métiers sociaux qui était sa bête noire: on y voyait souvent des pauvres dire qu'ils étaient pauvres! Et souvent il me demandait de couper les scènes par trop revendicatives, ce dont je m'acquittais avec une désapprobation muette mais ferme, trahissant ainsi pour la première fois mes convictions que je croyais pourtant incorruptibles et définitives...
Bref la belle vie, si ce n'était que j'avais un peu mal au zob à force de me frictionner comme un ouf dans l'inaccomplissement d'une vie sexuelle qui s'était pourtant annoncée comme précoce et prometteuse! Alors quand Danny a commencé à me confectionner des soupes de langue et des frottis d'minous, j'ai pas tardé à perdre la tête... surtout qu'elle était plutôt mignonne... tout juste 22 ans, deux petits seins à la coque... jolie môme..., une frimousse bien parisienne, avec le petit nez à la retrousse, les cheveux châtains/roux coupés court avec une grande mèche sur l'oeil droit, et l'autre, celui qu'on voyait, tout noir, ou plutôt marron très foncé... Alors un soir de juillet je l'ai invité dans l'HLM de mes vieux qui étaient partis en vacances, appart où j'accueillais pendant quelques jours un pote musicien et sa femme et où on se faisait des soirées zikmu et mega ganja.
J'avais un peu hésité, je me souviens, rapport qu'elle avait pas trop notre look, on est cons et sectaires quand on est jeune, des fois... elle, c'était une vraie petite minette des 70's, fashion victim avant la lettre, moi c'était plutôt genre babac, cheveux aux épaules, jean's pouilleux et sabots suédois! Mais quand on aime, n'est-ce pas... du coup elle a passé la nuit dans mon petit lit - un 90 d'large, j'me souviens- pas vraiment propice aux acrobaties mais bien suffisant, vu mon peu de pratique de la chose, pour la bête à deux dos... sans rentrer dans les détails Danny elle m'a bien déniaisé, pour de bon et définitivement, et au petit matin j'affichais devant mes potes goguenards un sourire béat et niais : j'étais enfin dépucelé et terriblement amoureux. J'aurais pas du, mais je ne le savais pas encore. "
Commentaires
Comment que c'est trop bien ces histoires qu'on ecoute en regardant ailleurs de peur de paraitre indiscret... je passe qu'une fois par semaine, histoire de cumuler plusieurs pages.
Bon ben alors, une fine a l'eau pour moi aussi, Briscard et une pour Vebe.
ça marche!
Et une fine à l'eau, une! V'là au moins un qui connait la vie: la fine à l'eau est au bistro ce que la saucisse est aux lentilles! A la s'maine prochaine ami K !
ça marche pas!
Le lien à l'aventure marseillaise marche pas. Et j viens toujours écouter les histoires à Vébé, sauf que des fois, je la ferme ma grande gueule.
ça remarche
Merci Douda! Heureusement que t'as l'oeil sur tout! Dire que je file des CESU phénoménaux à Josy, et qu'elle est même pas foutu de voir ça! Du coup demain j'lui retiens sur sa note l'anis gras que je t'offre!
Sinon ça va toi?
nouveau
Y vait déjà la police politique à cette époque ?
@seb: pas besoin, la police était direct dans la tête des journaleux... sinon, j'vous sers quoi?... un Martini Bianco?...
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