LE BALTO

Un bistro du coin où on tape la belote avec Bezo, Rachid, Briscard et quelques autres...

02 octobre 2006

L'euro

1eh"Moi l'euro c'est un truc qui sert à rien sinon à t'faire tout payer 6 fois plus cher... Tiens regarde 2 balles avant c'était 2 francs et maintenant c'est 2 euros, donc 12 balles d'avant! Tu te fais mettre et tu t'en rends pas compte... pour ça l'mec qui a trouvé l'euro c'est pas un handicapé du bulbe, crois-moi!" Sur cette brillante analyse économique où, d'une tirade, il expliquait l'inflation, la politique monétaire européenne et rendait un vibrant hommage à Robert Schuman, Bezo s'enfila d'un trait sa Vodkila, sa nouvelle tocade alcoolique. "Qui sert à rien, qui sert à rien, faut voir..." que Vébé lui rétorque. Moi quand les discussions tournent politique je m'arrange pour calmer les ardeurs: l'opinion ça fait pas toujours bon ménage avec la tise. Mais ce qu'y a d'bien avec Vébé, c'est que de toutes façons, toutes ses opinions elles se réduisent au bout du compte à des histoires de fesse... ce qui fait que je l'ai laissé continuer sur sa vague à l'âme:

"Tiens, moi je vois, au moins une fois j'aurai bien aimé qu'il existe l'euro... j'te parle de ça c'était dans les années 90, c'est pas si vieux tu vois... on était partis avec Rampling pour un petit week end improvisé à Bruges, genre romantique mais avec une grosse bite quand même... Avec la Saab qu'on avait à l'époque on avait fait le trajet depuis Paris en à peine 3 heures, et sur le coup de 11 h du mat' on faisait déjà les puces sur les quais d'enceinte de la Venise du Nord. C'est l'aprem', après déjeuner - un waterzooi arrosé d'une blanche de Brugges - et la traditionnelle ballade sur les canaux, qu'on s'mit en quête d'un hôtel pour la nuit... Dans mon idée je me voyais assez bien à Zeebrugge, en bord de mer, avec champagne et baise de nuit toute la nuit... Mais c'était pas trop dans l'idée de l'Office de Tourisme qui finit par nous envoyer à Blankenberge dans un boui-boui pas trop crade mais bien lugubre... Déjà, j'sais pas si tu connais, mais Blankenberge c'est quand même un peu la zone... genre station balnéaire bien huileuse, avec baraques à frites et galeries de jeux sur tout le front de mer... J'me souviens qu'on s'est gavé de beignets de crevettes, avec de la bière, que tu servirais ça à l'apéro ici Briscard, t'aurais les services vétérinaires sur l'dos pour l'restant d'tes jours ... les beignets ils étaient plus imbibés qu'le foie à Bezo t'as qu'à voir! Bref on est rentrés bien lugubres dans notre hôtel où nous attendait un portier d'nuit plutôt revêche ... La chambre en fait c'était un lit avec un petit passage au bout et un vasistas sur cour en guise de fenêtre! Pour te pager tu devais passer par le pied du lit et ramper jusqu'à la tête... comme baisodrome j'avais vu mieux, mais bon quand on aime... Mais tu vois le plus drôle c'est que c'est dans cette piaule un peu sinistre que j'ai un de mes plus beaux souvenirs culteux avec Rampling...  j'te dirais pas par le menu ce qu'on s'est fait comme cajoleries préparatoires: t'en aurai la jambe raide toute la journée! Mais ce que je peux te dire c'est qu'il m'est arrivé un truc pas possible, que jamais plus j'ai pu le refaire: j'ai orgasmé comme un ouf sans bouger, sans contact, sans m'toucher la personne, ni rien, comme ça tout seul juste en la regardant, du bout du lit, le zob tendu comme un arc et l'jus d'boules jaillissant comme les grandes eaux d'Versailles... même Rampling elle n'en est pas revenu et du coup m'a même pas reproché de ne pas l'avoir vraiment tringloté sur ce coup! J'te dirais que j'avais déjà lu des trucs comme ça sur la baise zen, où tu te regardes l'une l'autre et hop, tu nirvanises sans t'toucher ni rien... du coup j'me sentais le zboub tibétain et la couille sereine!
Et c'est la bite sur un nuage que le lendemain je demandai ma petite note; l'portier d'nuit qui faisait aussi le jour nous tendit la douloureuse et je sortis ma Visa, Gold, spéciale internationale, que mon banquier m'avait refilée un jour d'inconscience commerciale. La tête de l'inacorte cerbère se renfrogna pour m'informer que la Visa n'avait pas cours au Royaume de Belgique, que seule la Master était acceptée, sinon des espèces, et pas des francs français s'il vous plaît. Voila. Bien sûr on avait pas une thune belge et les distributeurs ne pouvaient rien nous distribuer puisqu'ils ne prenaient pas la Visa... On était pas très bien, parce que bien sûr l'euro chèque ça n'existait pas non plus... Et bien tu vois c'est dans des moments comme ça que tu te dis qu'une monnaie unique c'est pas mal non plus!"

On appréciait tous à sa juste valeur l'histoire à Vébé, pleine de morale et d'enseignement. J'ai quand même demandé: "Mais tu l'as financé comment ta baise à crédit, Vébé?" Le Veb a piqué une olive dans la coupelle posée devant lui et s'est enfilé une rasade de fine à l'eau:" Tu vois Briscard, on devrait pas juger les gens sur leur mine... Tiens toi par exemple t'as une vraie gueule de voleur, et pourtant... Et bien le portier, qu'était en fait le patron, il a dit comme ça que c'était pas grave, qu'on avait qu'à lui envoyer un mandat à notre retour et que de toutes manières il allait pas nous faire un deuxième trou du cul pour ça! Un saint homme ce belge, parole! N'empêche: y aurait eu l'euro, j'baisais comptant!"
Une tête de voleur, ma tête?... Du coup Vébé j'lui ai compté un Picon bière en plus sur sa note de la s'maine. Aussi sec.

Posté par Briscard à 13:11 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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