07 novembre 2006
La poterie Moche
"Ben alors Vébé, qu'est-ce qu't'as foutu?... Tu t'es perdu dans le cul d'une blonde ou qu'c'est qu'tu voulais pas m'régler ton ardoise?..." que j'l'ai entrepris Vébé, comme ça, aussi sec! "Tais-toi, Briscard, j'ai été à la ramasse tout l'week-end, rapport à une saloperie qu'j'ai bu en souv'nir du bon vieux temps! J'ai cru qu'j'avais la 5ème DB qui défilait dans ma cervelle!" Faut être honnête, moi la boisson qui rétame Vébé j'l'ai pas en consommation courante; ça doit être une étrangeté qu'on n'trouve que dans les bouges pakistanais de Château Rouge, ou dans les arrières cours du passage Brady! Du coup j'étais curieux d'entendre causer du breuvage: "Et c'est quoi le truc qui coince les ch'veux dans leur bulbe, Vèb'?" Parce que Vébé, moi, j'suis un des rares à pouvoir l'app'ler Vèb'; Bezo s'y est risqué un jour: il s'est pris une bordée d'injures, que même que Jeannine elle a trouvé que Vébé il exagérait un peu des fois... Et du coup, la familiarité bonhomme qui pouvait, de temps en temps, accompagner nos échanges libatoires, distillant ainsi la quiétude appropriée à l'épanchement d'mémoire, se répandit dans l'Balto, et Vébé commença:
"J'sais plus pourquoi, j'étais avec mon vieux pote Dan avec qui j'ai bien bourlingué dans mon jeune temps... on évoquait l'époque où, bite au vent et couilles en feu, on écumait l'monde, avides de rencontres bizarres et de déglingues hasardeuses...On s'remémorait l'Pérou, d'où on avait ram'né une sévère turista pour moi et un jolie poterie Moche pour Dan, et en même temps un joli paquet d'souv'nirs qui d'Ollantaytambo au couvent d'Santa Catalina nous piquaient un peu les yeux quand on en causait, émus par les vieilles photos 6X6 que Dan avait méticuleusement rangées dans un carton à Doc Martens de ses années destroy. Et comme d'hab' la converse a tourné autour de Nicky et Maria, les deux gisquettes qu'on avait levées la veille de notre retour à Paris... Enfin, quand j'dis levées...j'devrais plutôt dire qu'on avait ramassées, sans trop avoir à s'baisser, tellement qu'elles avaient le rire engageant et la fesse acceuillante! Tu m'connais: toujours la délicatesse avec les femmes... alors c'est pour ça qu'après qu'elles nous aient gentiment abordés, sur une petite place du centre de LIma, histoire de s'enquérir sur notre pedigree et de jauger notre puissance de feu dollardesque, moi, façon gentleman, j'leur ai d'mandé si c'étaient des putes... faut dire que leurs pantalons moule-raies et leurs seins saillants pouvaient prêter à interprétation!... Elles ont éclaté de rire: ça pouvait être le signe d'un tempérament pas susceptible, ce qui au sud de Tijuana est rare, même chez la femelle; ça pouvait aussi être le signe que oui elles étaient bien des putes mais que bon elles allaient pas nous plumer pour autant... enfin pas tout d'suite! Moi j'suis pas du genre téméraire, en plus on partait le lendemain de bonne heure, alors j'aurais été plutôt enclin à leur faire un brin d'causette puis d'les larguer pour aller se zoner rapidos... Mais Dan lui il avait plutôt le caractère aventurier, genre expériences off limits... Dan, pour te dire le mec, il faisait d'la voile en Manche, en coupant, de nuit, le détroit du Pas d'Calais, avec un Sangria d' 7,60 m, sans radar et sans feux d'bord! Alors forcément les deux andalouses ça lui a excité les glandes, et il m'a convaincu de nous laisser entraîner dans une boite de nuit tipicos, histoire de voir comment on savait s'peloter les bas morcifs, à Lima! Faut dire quand même que quand j'parle des andalouses c'est pour faire image, parce que Nicky, qui allait devenir ma compagne de bordée, et Maria, c'étaient pas des espagnoles pur jus, descendantes directes de Cortez... faut pas rêver non plus: on avait l'charme gringo pas ricain, c'qui était un plus, mais on n'avait pas le larfeuille bourré d'bank notes à Uncle Sammy! Du coup on avait quand même droit à du s'cond choix en voyage, faut être honnête, et y a pas offense pour les petites qui s'l'ivraient bien gentiment à nos appétits, mais la poule grand luxe c'était plutôt côté Monsieur l'Ambassadeur qu'on la trouvait... nous on avait juste accès à la gamine de rue, la p'tite loute nature, pas trop travaillée par l'hygiène, souvent, mais bien mignonne tout l'temps... Tout ça pour te dire que Nicky son papa il avait fraîchement émigré du Japon avec des visions d'usines d'empaquetage de guano plein les mirettes, mais qu'il était surtout contremaître à la Merda de Mouetta Inc, où il avait rencontré sa femme, une métisse espagnola-quechua et conçu Nicky, ce joli petit croisement qui avait croisé ma route!... Quant à Maria c'était une indios pur sang, belle comme tout pour qui aime le brut, mais quand même un peu vive de la cuisse et fière aussi de sa race à moitié exterminée par des hidalgos conquérants et bien connards, faut avouer... Bref on nageait dans l'exotisme et l'authentique comme des poissons dans un bocal de rhum et mon poteau Dan était aux anges... C'est ainsi qu'on s'est retrouvé, tous les quatre, au Moonlight, une boîte un peu glauque et beaucoup chère! Et c'est là qu'on s'est déchiré grave avec cette saloperie que j'ai rebu avec Dan lors de notre soirée nostalgie: le pisco, Briscard, le pisco... une vacherie qui te déshydrate les conduits mieux qu'une canicule, et te défonce la gueule comme un tonfa d'flic fâché! "
Sur ce Vébé torcha son premier Picon bière d'cette main là aujourd'hui, et s'enquit de régler sa douloureuse, intérêt et principal. Moi comme je sentais venir l'exceptionnel j'lui ai fait cadeau d'son retard de cotisations, et j'l'ai enclin à continuer ses aventures limaiennes, qui commençaient à sentir bien fort de la croupe, comme on aime au Balto: c'est vrai quoi, merde, le romantisme n'empêche pas un peu d'fantaisie d'temps en temps, non?
Commentaires
Marant ce me rapel l'argentine avec Waldorf ..
c'etait bien hien wald....oui c'etait bien...
En tout cas moi, ce que j'ai trouvé le plus bizarre c'est qu'ici, la tete-en-bas, le tonfa porte le meme nom que chez vous.
Comme quoi... casser des gueules c'est international.
Salut Milou!
@Criminel: oui, c'est frappant, hein?...
Bon, j'vois qu'y a du monde que j'connais dans ce rad ! entre le tonton et l'argentin ! C'est vrai c'qui dit l'tonton, y a eu cette histoire où en argentine, le Wald et l'tonton y z'allait trainer au Moonlight local. Ca doit faire parti du tourisme. Maius eux y z'ont jamais vraiment raconté dans l'détail comme y fait Vébé. Remarque c'est con hein, ça aurait pu être fandar !
Bon allez pour faire couleur locale du sud du mur, une téquilla por favor !
@Stat: content que tu retrouves en pays d'connaissance... ça prouve au moins qu'le Balto est bien fréquenté! Allez, une téquila, ça marche...
Picon
Hier soir, je crus bon de préciser au patron « un demi picon SANS sirop de citron. » « évidemment ! » qu'il me rétorque.
Purée, il reste AU MOINS UN bar à Paname où on sait encore ce que c'est qu'un picon bière.
PIsco
Peut-être qu'on m'a ramené du Pisco de gringo, mais le pisco sour ça m'a pas trop rétamé la tête.
Picon: et la fine à l'eau, tu crois qu'y en a beaucoup des troquets qui servent encore ce petit chef d'oeuvre d'hypocrisie jouissive?!!!
Pisco: je confirme, à partir de trois litres ça rétame; aussi sec.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=34698&pid=3104330
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :