08 novembre 2006
Le Moonlight
"On avait commencé à s'rincer les amygdales avec du local, nous laissant suggérer la commande par nos escort girls du pauvre... Leur choix s'porta d'abord sur une Cusqueña Premium, cerveza locale vendue au Moonlight au prix du champagne! La boite me f'sait penser à un autre lieu de perdition bien nauséeux, que j'avais un peu fréquenté du côté d'Pest au début des années 70... lumières tamisées au crépon rouge, tables basses brulées par tous les mégots oubliés lors d'étreintes un peu longuettes, sièges en moleskine défoncés, et une impossible et minuscule piste de danse, magnifiquement illuminée d'une boule à facettes complètement vintage, et où on s'collait sur des slows latinos aussi torrides qu'inconnus, espèces de croisements dégénérés entre la rumba et le boléro... bref la soirée s'annonçait pittoresque à souhait et nos accortes hôtesses excitées comme des puces cocaïnomanes, nous avaient pratiquement violés dès la première empoignade chorégraphique à laquelle nous consentîmes à nous laisser aller...
'tain, Briscard, ce premier slow, j'te jure, j'en ai jamais connu d'aussi violent! J'te raconte: Nicky, d'entrée d'jeu, avant même que je la prisse dans mes p'tits bras câlins, me saisit la tronche entre ses mains et se mit en devoir de me rouler la pelle pour laquelle elle s'entraînait depuis deux ans pour entrer dans l'Guinness! Jamais on m'avait fait un nettoyage de molaires aussi soigné et précis!... Des langues comme ça, à part à l'étal de mon tripier, j'croyais pas qu'ça existait, parole... mais attention, hein, y avait la quantité, genre une bonne livre, mais la qualitad aussi... d'la subtilité dans l'exploration buccale, d'l'accélération langue contre langue, puis du ralenti pour la promenade dans l'palais de Monsieur, frère du Roi !... D'temps en temps elle sortait prendre une goulée d'air, en profitait pour m'faire les commissures et, crac, elle me pénétrait à nouveau la cavité histoire de voir si elle m'avait bien vérifié toutes les ratiches, des fois qu'une incisive un peu d'travers ou une canine vicieuse aurait échappé à sa vigilance linguale !... Dans l'même temps elle se frottait tant et plus que je n'savais plus si j'étais contre elle, dans elle ou de l'autre côté d'elle! Dire que j'avais l'gourdin s'rait euphémiser: j'avais l'impression qu'ma bite bouillante allait jaillir de mon futal, venant ainsi témoigner, s'il en était besoin, d'la robustesse des lois élémentaires de la thermodynamique! Bref j'avais la méga-trique, largement amplifiée par les 3 s'maines d'abstinence totale qui, si l'on excepte une petite pogne dans les chiottes de l'hôtel à Cuzco, avaient marqué notre périple andin...
A la fin du slow, c'est à dire au bout d'une demi heure de langue fourrée princesse, nous revînmes à notre table où les mutines commandèrent des pisco sour... Le psico sour, tu vois Briscard, si un jour tu sers ça au Balto, tu m'r'vois plus, parole... sour, pour l'info, ça veut dire aigre... et dans l'cas du pisco ça veut dire très aigre! Il paraît que c'est dû à une espèce de salop'rie amère qu'ils rajoutent histoire de décupler l'effet du citron sur l'alcool... Toujours est-il qu'on raconte qu'on a quand même vu Ava Gardner danser sur le bar de l'hôtel Bolivar à moitié nue après avoir un peu trop tututé du pisco sour... pour te dire que c'est quand même pas la boisson d'touriste! Du coup, après la première gorgée et la première grimace, avec Dan, on a décidé de s'continuer au pisco pur...j'suis pas sûr qu'c'était une bonne idée, mais, bon c'était notre idée! En même temps, pendant la dégustation la vente continua et après notre soupe de langue chaloupée, nous eumes l'droit, Dan et moi, à une séance de touche pipi que franchement si j'avais connu ça plus tôt, jamais plus j'me s'rais tripoté la zize à travers le bène! Y a pas, quand t'es en voyage Briscard, faut faire confiance à l'artisanat local! Et là dans l'genre manipulation à l'ancienne c'était du grandiose: Nicky, profitant de la relative obscurité qui protégeait ses entreprises entreprenantes, commença à m'prouver que la fine couche que représentaient un pantalon d'toile sur un caleçon d'coton, n'empêchaient en rien, pour une jeune fille un peu attentive et sérieuse, de faire bénéficier à l'habitant des lieux, en l'occurrence un zob gros comme ça, de prestations tout à fait comparables à celles qu'une tenue plus légère aurait autorisées... en un mot comme en cent elle me fit la branlette directe à travers le fut'... j'avais déjà connu la carresse furtive et le débraguettage sauvage, mais là, tu vois Briscard, c'était autre chose... nouveau et intéressant... j'avoue que j'étais complètement affolé, et c'était sûr que si elle continuait j'allais partir en flaque là, toute honte bue, assis dans la molesquine douteuse, le cul au frais et la queue éclatée... Un coup d'oeil discret me permis de m'rendre compte que Dan n'était pas loin d'être dans l'même état: sa Maria était en train de lui prodiguer les mêmes soins, nos amazones ayant dû s'échanger sur leurs retours d'expériences respectives!
Heureusement Nicky interrompit son numéro d'bonneteau, et m'entraîna par la main dans son sillage qui humait bon l'aisselle latine et le 5 de contrebande... l'idée, je l'compris assez vite, était qu'je l'accompagne aux gogues des dames... pas pour m'finir la gâterie, non juste pour tenir la porte et empêcher d'éventuels hidalgos un peu trop avenants d'la suivre... j'appris par la suite que c'était une tradition à c't'époque dans les boites au sud de Caracas... j'étais pas trop rassuré, étant plutôt bâti comme un joueur de dominos que comme un lutteur breton, sur ma force de conviction en cas d'intrusion brutale, mais bon, ma biroute en déroute me préoccupait bien plus qu'une improbable bousculade chiottarde... aussi je mis à profit la solitude momentanée que m'offrait la pause urinaire de ma petite copine de jeu, pour essayer d'me r'mettre un peu en place les bas morcifs, tout ce petit monde ayant tendance à vouloir s'barrer dans tous les sens, surtout Monsieur mon Zob qui aspirait à s'sortir d'une position un peu tordue, coincé bien dur entre slop et braguette sans savoir s'il devait rentrer ou sortir... comme j'allais quand même pas sortir tout l'appareil pour si peu, je saisis le bestiau à travers le futal, appuyait bien fort dessus, histoire de le décontracter un peu, et hop, j'le remis dans le kangourou... le blême c'est que j'avais largement présumé de ma force de conviction... pépère il était déjà parti ailleurs, au pays du radada magique et du manège enchanté... et du coup, sous l'effet de mon amicale pression, il me lâcha en pleine reprise en main... Pollux avait craqué et salopé mon falzar!... Et pas qu'un peu, j'te jure...c'est que trois s'maines de jus d'couilles ça inonde l'entresol, j'te promets! Et le plus fort c'est qu'j'en avais à peine profité... juste une p'tite sensation, mais rien en regard de c'que j'étais en droit de revendiquer! C'est rien de dire que j'étais gêné quand Nicky sortit des gogues... je tentai, tant bien que mal de dissimuler mon infortune, mais avant même que j'ai eu l'temps d'esquiver une parade, Nicky avait, incessante et insatiable, saisit à nouveau mon zboub à pleine main... il lui fallut pas longtemps pour s'apercevoir du désastre: entre l'humidité ambiante et la rétractation subséquente au mouillage, force lui fut de constater qu'on jouait relâche au Théâtre des Deux Boules! Et tu sais quoi l'plus fort?...Et bien elle se serra tout contre moi, m'enveloppa genre pieuvre et me sussura à l'oreille: "Te quiero, mon amore, my love, te quiero..." Comme quoi les latines elles ont quand même le sentiment généreux, non Briscard?..."
Je pris bien mon temps pour lui répondre... c'est qu'on était quand même en plein dans l'interculturel et l'amitié entre les peuples... ça donnait à réflêchir son aventure au Moonlight, à Vébé... Moi j'mettais plutôt l'emballement sémantique d'la môme Nicky sur le compte du côté andalou et excessif d'la personne: du moment qu'il s'était épanché l'trop plein d'affection avec elle, pour moi, Nicky elle le considérait comme son quasi mari... il était fait aux pattes... "J'sais pas trop si c'est du sentiment Vébé... en tout cas c'est une belle preuve de compréhension! Et sinon, ça c'est terminé comment votre idylle inca, Vèb'?..."
Commentaires
Putain, pour sur que la latinité ça doit rendre aimable! j'en connais (non elles viendront pas au Balto!) qui l'aurait envoyé se faire voir à la suite du désastre. En même temps, là tu vois, j'me d'mande dans quelle mesure y a pas anguille... vas y Vébé, envoie la suite ! (p'tain, depuis qu'j'ai vérifié que Grabuge passait dans l'coin, j'deviens limite timide à m'laisser aller à causer - bon allez une tequilla contre la timidité, Briscard !)
Oui, et pourtant, l'histoire à Vébé c'est du vécu, du vrai de vrai, enfin qu'il dit... quant à l'anguille, j'sais pas: faut attendre qu'le Vèb' finissent son histoire à la con. Pour Grabuge, t'inquiètes elle passe pas souvent, et de toutes manières elle a intérêt à s'tenir sinon j'la sers pas! Sinon la tequila j'te la sers avec un seul "l", parce qu'avec deux "l" elle va s'envoler ('tain v'la qu'j'Bézote à c't'heure!).
Mooouais, la tequilla j'crois bien qu'ça doit dépendre des pays qu'on la dit avec un L ou deux L.
Maintenant, si au balto on fait des chichis sur comment on s'exprime avec une rigueur d'académicien, bah j'essaierai d'faire attention Môssieur Briscard, et j'viendrais avec mon épée et mon bicorne.
Bon allez, envoie la tequila avant qu'elle s'envole !
Tequilla c'est un braque de Weimar (la preuve: http://perso.orange.fr/Braque-Weimar/ )... Moi j'veux bien t'le servir, mais tu l'bois jusqu'au bout!
Sinon pour l'épée de cacamédicien, j'crois qu'tu l'as oubliée chez radic' choc où y m'semble m'rapp'ler qu'tu donnais des leçons d'françouze à un cornard de première ya pas si longtemps!
Mouaiis, et c'est aussi du Hiphop (la preuve : http://www.dfwhiphop.com/artist/artist.php?dfw_search=TeQuilla )
Ah oui, chez le taulier, mais attention, là c'est pas pareil, parce que le connard en question y me cherche planqué derrière son azerty et en plus il est demandeur en leçon. Sinon, jamais je fais des choses comme ça, c'est pas mon truc.
Et puis merde, tiens sers moi une vodka, c'est plus simple !
'tain la chaudasse... avec des liens comme ça tu vas faire monter la conso d'boissons fraîches ici!
Et une vodka, une!
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