LE BALTO

Un bistro du coin où on tape la belote avec Bezo, Rachid, Briscard et quelques autres...

27 novembre 2006

La table de dissection

Isidore"Salut Briscard, salut les zommes... ça biche?" Bezo avait son air d'en avoir deux qui laissait augurer une connerie.
"- Ça boume, Bézo, ça boume... et toi?..
- Impec mon pote, impec... figure-toi qu'c'matin, en allant au taf, j'attendais l'sub, à côté d'moi y avait un mec qui téléphonait et qu'y disait :"envoyer les écritures sans règle du jeu, c’est pas ça qui sert".  'tain j'étais mort de rire!
- Ouais, y a vraiment des barjes avec leur mobiles...
- Pourtant, vous voyez c'est presqu'aussi beau que la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie..." a fait r'marquer Vébé, l'air vague et l'oeil chiasseux... Vébé des fois on a vraiment l'impression qu'la tutute ça lui a bouffé l'cervelas. Du coup j'lui ai offert sa fine à l'eau. Aussi sec.

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21 novembre 2006

Zembla

zemblaDans l'commerce y a deux sujets qu'on aborde jamais si on veut pas avoir d'la fuite de clientèle dans l'tiroir caisse: la politique et la religion... et encore la politique, on peut en causer, genre c'est bien tous des pourris ou y pensent qu'à nous piquer not' blé, à nous les petits, mais la religion, ça jamais... C'est vrai quoi, merde, faut quand même avouer qu'ça fait partie d'l'intime, la croyance... et même le mec qui croît pas c'est comme qui dirait déjà une peu une croyance à l'envers, non?... Le mec qui croît pas il croît que rien n'existe en dehors de c'qu'il voit, donc il croît bien aussi, moi j'dis. Point barre. Respect. Merde, quoi. Et nous autres, dans l'commerce social comme le bistro, on doit encore plus montrer l'exemple de l'ouverture d'esprit et d'la liberté d'commander un p'tit jaune ou une Salers frappée. Surtout rapport au tiroir caisse. C'est pourquoi quand Bezo a attaqué en direction de Rachid sur le thème comme quoi les barbus y f'raient bien d'mettre un peu leurs minarets en veilleuse, moi j'ai mis le hola tout d'suite:"Bezo, qu'j'y ai dit, sans vouloir t'fâcher c'est plutôt ta grande gueule de grand connard que tu d'vrais mettre en veilleuse, non?" Rachid a souri, reconnaissant d'pas avoir à affronter Bezo sur un sujet dont il se fout complètement... Rachid lui c'est tout juste si pendant l'Ramadan il arrête le Pernod du midi, alors tu penses que les barbus y s'les carrent dans l'oignon fissa! Mais Vébé, en manque de polémique comme Victor, a cru bon de relancer la converse à sa manière: "Briscard n'a pas tort d'te dire d'la fermer Bezo... surtout que sur l'sujet l'clocher aurait p'têt bien à balayer sous l'paillasson d'la sachristie aussi... Tiens si j'vous disais qu'c'est chez les curés qu'j'ai failli m'faire violer..." Là, sur le coup, Vébé, qui pourtant nous surprend toujours avec ses histoires de cul, il nous a soufflés: "Violé, toi Vébé?... J'le crois pas !... Racontes-nous ça un peu... " qu'j'ai incrédulisé.

"Attention Briscard, j'te parle de ça, c'était quand j'étais minot... à l'époque, même si mes vieux pratiquaient plus la cellule que la messe, ils avaient tenu à m'faire faire ma communion, arguant que de toutes manières, vu qu'j'étais él'vé par des antéchrist notoires, j'trouv'rais bien à la maison des arguments pour m'défendre la raison raisonnante, et puis de toutes manières ils avaient pas d'autres solutions pour me caser le jeudi, et qu'si j'voulais aller au patro', fallait passer par la case cathé. Moi j'savais pas trop si j'voulais aller au patro', qu'j'savais même pas c'que c'était, alors j'avais dit oui, ok d'accord... Et puis c'est vrai qu'j'avais tous mes potes d'la communale, même les frères Cherif, Mehdi et Mustapha, qui allaient au patro' alors du coup ça m'dépaysait pas trop, l'patro! Et puis si l'matin y avait les histoires à la mord moi l'noeud de la Vierge pas si vierge et du petit Jésus qui marchait sur l'eau comme qui dirait comme sur l'trottoir d'la rue Vitruve où j'avais l'école, l'aprem' c'était tantôt parties d'basket, tantôt cinoche au Palais Avron ou au Rialto à Nation, avec deux vrais films au programme, tantôt, l'été surtout, pistoche à Pailleron ou Ledru Rollin... bref, pas la vie d'château, mais pas la misère de rue non plus, faut reconnaître... Les bons pères y prenaient autant soin d'nos corps que nos âmes, et si tu faisais bien confesse le jeudi, t'étais tranquille pour faire toutes les conneries possibles le restant d'la s'maine... Y a qu'un truc qui m'chagrinait bien, et m'tracassait un peu, à confesse c'était quand l'abbé y m'd'mandait si j'avais été impur en pensée ou en action... J'avoue qu'j'avais bien du mal à dire si quand j'r'gardais sous les jupes des copines à ma mère c'était d'l'action ou d'la pensée par la vue... parce que si j'avais le zobinet bien dur pendant ces séances de reluque, je me touchais pas... après, oui, mais pendant non... j'étais bien embêté pour lui répondre à sa curiosité à l'abbé, et du coup j'éludais, n'évoquant que de modestes séances de touche pipi dans les chiottes... Souvent il rebondissait et s'enquérait plus avant pour savoir si j'étais seul ou avec des petits camarades... je prenais ma voix la plus réprobatrice pour m'indigner d'un "oh non mon Père, seul!" Tu parles Charles, on passait not' temps avec les Chérif, avec Tonio, le rital d'la rue des Orteaux, et le p'tit Chaminade, qu'on app'lait Chaminou parce qu'il avait une p'tite tête mais une grande queue, à s'tripoter l'bout en boucle dans les douches d'la communale ou dans tous les cagzingues d'la cour de récré ou d'celle du patro... le plus souvent c'était pour nous comparer l'anatomie, et pisser l'plus haut possible, mais aussi pour nous calmer l'enflure que nos exhibitions ne manquait pas d'nous provoquer. Mais attention, hein, pour la branlette c'était chacun pour soi, et chacun sa p'tite imagination perso... C'qui fait que j'mentais pas vraiment à confesse: on était bien seul en bande! J'dois dire qu'cette histoire de confesse, j'lui trouvais quand même un côté un peu zarbi, et pour tout dire bien indiscret d'vouloir à tout pris nous faire dire des cochonneries qu'on s'en vantait quand même pas sur la place publique... Mais bon tout ça aurait pu s'passer gentiment, sans penser à mal, si y avait pas eu l'histoire de Zembla... Zembla c'était un grand d'au moins 16 ans qui était en persé, c'est à dire qu'il persévérait au cathé pour d'venir cureton ou moine ou autre chose dans la Sainte Eglise Apostolique et Romaine! On l'appelait Zembla parce qu'il avait la collec' la plus formidable de Zembla que l'on puisse imaginer, plus tous les Akim, y compris les Akim Color, ceux avec Bleck Le Roc... régulièrement il nous proposait des échanges ou des prêts...  j'allais souvent chez lui avec mes vieux Buck John ou Agent X13 pour essayer du lui extorquer un ou deux Zembla d'la dernière cuvée... moi mes comics j'les ach'tais toujours d'occase, avec les p'tits sous qu'me r'filaient les vieux ou mes mémés gateaux, alors forcément les termes de l'échange ne m'étaient pas favorables et il fallait souvent qu'je sacrifie deux ou trois Battler Britton pour obtenir un malheureux Akim...J'apprenais la dure loi du marché et de l'offre et d'la d'mande... j'peux bien l'dire aujourd'hui:  l'sens de l'inique m'est v'nu plus grâce à Kit Carson qu'à Karl Marx! Nos séances d'échanges se déroulaient toujours selon le même rituel: j'allais chez ses vieux, après l'école, je m'asseyais à côté de lui dans sa chambre, et il me passait ses petits formats, en me montrant parfois un dessin particulièrement évocateur, genre Zembla qui saute sur un arbre avec le slop léopard bien lache, limite on voit ses couilles... moi je riais nerveusement, un peu géné quand même, surtout quand il me prenait par les épaules, mais bon, tous les curés faisaient comme ça pour te parler, alors j'y voyais pas malice et j'repartais bien content avec des heures d'aventure en perspective.
C'est dans la cour du patro que Zembla il a dérapé sur une peau d'banane à Pétoulet! On était en plein dans une gigantesque partie d'drapeau, un jeu qui n'existe plus maint'nant, j'présume, et Zembla il était l'défenseur... moi, avec les autres attaquants j'fonce en f'sant une diversion, mais Zembla, qui m'avait repéré me saisit pour me mettre hors jeu... j'me rappelle, il riait fort, juste un peu trop fort, et, allant bien au-delà de la règle du drapeau où un simple toucher suffit à éliminer l'attaquant, il me saisit à bras le corps, par derrière, et se mit à se serrer contre moi... j'étais un peu surpris de cette extravagance hors jeu, et allais me défaire gentiment de son étreinte un peu collante quand, dans un souffle rauque, tout en se frottant, il me chuchota "c'est bon... tu peux pas savoir comme c'est bon". Moi j'devais avoir dans les 10-11 ans à l'époque, et si j'étais loin de ma grande aventure marseillaise, j'avais quand même quelques connaissances qui faisaient que, si, je savais comme c'était bon! Pour lui. Mais pas pour moi. J'crois que si y avait eu un championnat de coup d'coude  dans l'ventre, celui que j'lui balançais, de dos, m'aurait valu une qualif' pour la finale, direct! Il hurla sa douleur, mais pas très longtemps parce qu'il avait le souffle coupé... il suffoquait, roulé en boule par terre, et je profitai de ce que les autres étaient encore pris dans l'jeu, pour lui asséner un coup d'pied en vache dans l'oreille, qui du coup éclata comme une figue trop mûre et s'mit à pisser l'sang d'partout! Bien vite on fut entouré de p'tits curieux, et M'sieur l'Abbé vint s'enquérir du pourquoi du comment qu'son chouchou prosélyte se tordait dans les douleurs... J'dois dire que Zembla fût épatant, comme on disait au patro: il ânonna que sans l'faire exprès j'lui avais mis un coup d'coude dans l'diaphragme, et qu'il s'était éclaté l'étiquette sur le sol en tombant... classe, non? Mais faut dire aussi qu'il avait pas trop l'choix: il pouvait pas vraiment expliquer que j'l'avais sauvagement agressé parce qu'il essayait d'me forniquer! Et tu vois Briscard, à la confesse suivante, l'abbé quand y m'a d'mandé si j'avais été impur seul ou avec d'autres, moi j'me suis pas démonté, et dans l'secret du confessionnal j'lai bien balancé l'Zembla: "J'sais pas M'sieur l'Abbé... André - c'était l'vrai nom d'Zembla - s'est branlé contre moi l'autre jour... mais moi j'ai rien fait, alors j'sais pas si c'est moi qui suis impur ou pas..." 'tain, parole, l'Abbé j'ai cru qu'il était mort... y a eu un énorme silence... puis il m'a donné l'absolution et même pas un petit pater de pénitence... Zembla on l'a plus jamais r'vu ni au cathé ni au patro... j'sais pas pourquoi... p'têt qu'il avait perdu la foi... va savoir, les voies du seigneur sont impénétrables!"

Là Vébé il avait fait dans l'lourd, et à part Rachid qui se fendait la pipe comme un con, on était quand même un peu gênés, Bezo et moi... Comme j'dis, la religion c'est du délicat et du fragile: faut pas rigoler avec... et c'est Rachid qui du coup a conclu avec élégance en s'marrant: "Dis Vébé, j'sais pas si les voies de ton seigneur elles sont impénétrables, mais les tiennes de voies, c'est macache bono, non?"

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15 novembre 2006

Le chauffage urbain

CLOCHEY a Rachid qui est entré en s'frottant les mains: "Putain, Briscard, ça caille c'matin, merde alors! Tu m'sers un p'tit noir arrosé?..." Rachid y dit jamais café-calva, rapport à la religion... un café arrosé y trouve que ça fait comme un café allongé... il est persuadé qu'ça trompe son monde... Rachid c'est l'bon mec dans l'fond... J'lui ai servi son caoua avec le p'tit verre de distillat d'pomme qui va bien et entrepris la converse, décontracte et pépère:
"- Sinon, à part ça, ça va comme tu veux Bonhomme?...
- Ça va ça vient Briscard... avec les premiers froids, moi, t'sais, j'pense au pays, aux dattiers et aux filles aux yeux de gazelle...
- Ça j'te comprends bien... moi aussi l'mal du pays m'prend d'partout, mais moi c'est l'été, quand j'pense aux foins coupés d'frais ou aux filles court-vêtues qui balochent le sam'di du côté d'Mandailles... 'tain la vie d'immigrés c'est bien des misères des fois, parole!
- R'marque qu'j'suis pas à plaindre non plus... j'ai mon boulot, une 'tite piaule et j'peux m'payer une 'tite pute d'temps en temps...  et surtout quand j'pense à tous ces mecs dans la rue... tiens, t'sais, rue Brançion, près d'la Poste...
- Celle qui est en travaux?...
- Tout juste... et bien t'sais ya une grille qu'y fait chaud...
- Un bouche de chaleur, tu veux dire?...
- Oui, c'est ça... mais m'chipote pas tous l'temps comme ça... bon ben dès qui commence à faire froid tu peux êt' sûr qu't'as une cloche qui y dors dessus...
- Et tu l'vires pas, Rachid?...
- T'es pas fou toi?!!! Et pourquoi j'le vire?...
- Ben, moi j'dis ça, c'est pour lui: pour la circulation veineuse, l'chauffage par le sol ya pas pire..."

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14 novembre 2006

Bienfenue à bord

stewardess"Ben ça s'est terminé d'une drôle de façon... j'avais réussi à cacher tant bien que mal l'ampleur du désastre à mon pote Dan, par ailleurs bien occupé, lui aussi, à s'faire masser le grand adducteur et sa périphérie... j'devais apprendre un peu plus tard qu'il avait largué les amarres bien avant moi, sur la banquette en skaï pourri, mais au moins lui en avait pleinement profité alors même qu'il était en main... toujours est-il que nos deux voraces continuaient, malgré notre bien compréhensible repos du guerrier, à nous triturer l'atmosphère comme des qui auraient trouvé une boite de pâte à modeler dans leur arbre de Noël... nous on rigolait d'autant moins qu'elles avaient recommandé du Pisco pour tout l'monde et que notre petite soirée commençait à plomber not'budget loisir au-delà du dispendieux... la séance commençait à perdre en pittoresque ce qu'elle gagnait en frénétique, et nous décidâmes de mettre un terme aux libations diverses et autres manifestations jubilatoires des deux nymphes andines. Malgré leurs piaillements réprobateurs nous mîmes les voiles, direction le Carlton d'opérette qui hébergeait notre transit limaien pour la nuit. C't'hôtel mon pote, c'était un vrai poème: il avait dû acheter la concession à M'sieur Carlton du temps de sa gloire passée, dans les années 30, mais il n'avait pas dû voir un plombier ni un tapissier depuis les années 50... plus délabré que le Regency de Beyrouth après la guerre et juste un peu plus salubre que la péniche d'Emmaüs en quai d'Seine! Mais bon les tarifs étaient très raisonnables et on allait pas chipoter alors qu'on était au Carlton! D'ailleurs les minouches, qui avaient tenu à nous accompagner et plus car affinités, n'en r'venaient pas de nous voir dans un hôtel si classieux, au moins de réputation... du coup elles étaient toutes intimidées, genre midinettes, ce qui nous arrangea bien: nous pûmes arguer de la haute tenue de l'établissement, dont le cerbère galonné dans le hall était la preuve incontestable, pour les larguer, sans discussion possible, sur le macadam de Huancavelica, bien gougnafiers, nous qui nous étions vidés les burnes, d'les laisser avec le trop plein d'affection, la grotte inondée et l'clito en éruption. De vrais salauds d'français qu'on étaient. Mais on était au pays du machisme, alors autant en profiter à donf, non?
Dans le hall le général qui nous tendit nos clés nous demanda "¿ Busca a putas?", ce qui eut le don de nous mettre en joie pour un petit moment, et du coup on s'est retrouvé tous les deux, dans la piaule inondée par la lumière d'une ampoule sobrement pendue à un fil électrique, à pleurer de rire , surtout quand on s'échangea sur nos petites infortunes biteuses! En fait, fallait bien s'l'avouer, on avait eu un peu la trouille, nous les aventuriers en chocolat, d'nous faire refiler des salop'ries bien bubonesques ou d'nous faire dépouiller d'nos derniers dollars...Pas lamentables qu'on était, mais pas franchement reluisants non plus... Le lendemain on était tranquillou dans le hall de l'airport, bien calmés des glandes, et prêts à embarquer dans un 747 tout neuf de la Lufthansa qui, pour bien moins cher que la Compagnie Nationale Air France, allait nous transporter, via Quito et Caracas, à Francfort, d'où nous devions prendre une correspondance pour Orly... tout s'annonçait pour le mieux: on avait fait nos emplettes au duty de l'aérogare et on attendait l'embarquement en matant les femelles possibles, histoire d'voir si on pouvait pas agrémenter l'vol de nuit... j'm'étais jamais fait sucer la bite en avion, et j'dois dire qu'ça m'tentait bien... que veux-tu,Briscard, on est fou quand on est jeune! Tout d'un coup le parlophone du hall se mit à brailler: "Mister Vibi is required on Lufthansa Information Desk, Mister Vibi, please!
- 'tain, qu'y m'fait Dan, mais c'est toi ça Vibi... Vébé en angliche..." Moi j'savais pas trop quoi faire... p'têt qu'y avait un lézard avec la correspondance à Francfort ou un truc qu'on aurait oublié au comptoir d'la Luf'... J'me décidai donc à aller aux nouvelles... le blême c'est qu'on avait passé la police et la douane et que pour retourner en zone publique, où se trouvait l'comptoir d'la Luf c'était macache bono... sauf à laisser mon passeport et mon boarding pass aux flics qui faisaient aussi confiance qu'un banquier qui t'propose un découvert négocié... Mais bon fallait bien savoir: les teutons m'avaient quand même pas app'lé par hasard... alors tant pis, j'laissais ma vie aux poulagas et me rendis crânement, mais pas fier non plus, au comptoir de la Lufthansa... tu peux pas savoir c'que ça fait drôle Briscard de s'balader comme ça les mains dans les poches, sans plus aucune trace d'identité, sans pognon et sans raison dans un aéroport sud américain... d'un coup t'es dans la twilight zone, parole! Note que j'suis bien vite sorti dl'a zone crépusculaire quand j'suis arrivé au german desk: y avait là nos deux amazones de la veille, toutes survoltées, poussant des petits cris en me voyant, Nicky me gratifiant d'un palot gros commak devant les yeux éberlués de l'hôtesse de la Luft', sa copine Maria s'enquérant "¿ O es Dan?", et manquant à son tour de me fourrer sa langue princesse dans l'piège à mouches... J'hésitais entre la grosse fâcherie, genre bande de connes pourries d'la vulve, faites chier, putains d'vot' race, espaingouines de mes couilles et encore deux ou trois choses que je savais d'elles, ou le silence réprobateur... compte tenu des circonstances et de l'heure de l'envol qui s'approchait, je choisis la deuxième solution et retournai vers la police et l'avion salvateur, suivi par les deux houris hystériques; en chemin j'expliquai à Maria qu'elle ne pourrait pas voir Dan, qu'il était en zone protégée et qu'elle ne pourrait pas l'y rejoindre et que merde elle commençait à me casser les burettes mignon... arrivé chez les flics je récupérai mes fafs et m'apprêtait à prendre définitivement congé de mes verrues, quand je vis Maria en grand conversation avec un keuf visiblement indios comme elle... je n'sais pas ce qu'elle lui baragouina en quechua, toujours est-il qu'il leur ouvrit le passage tout grand, à elle et à Nicky, et c'est flanqué des deux morues que je retrouvai un Dan abasourdi avec des yeux comme les soucoupes que tu rends la monnaie avec... Il se retrouva rapidos avec Maria sur les genoux et se fit immédiatement violer la boîte à dominos. Dans la salle les autres passagers se marraient doucement devant nos mines contrites et les exaltations des andalouses, qui, plus l'heure du départ s'approchait, passaient du rire aux larmes et des petits cris aux gémissements. Tout ça servi avec soupe de langue et p'lotage de soubassement en public. Si on avait eu la moindre chance de marivaudage aérien, maintenant c'était râpé: la gent féminine nous considérait au mieux avec un air goguenard et au pire avec une désapprobation définitive. Bref on était grillé d'la First à l'éco et d'Lima à Frankfort! On finit quand même par s'extraire de leurs tentacules... mais j'te jure, Briscard, jusque dans la passerelle qu'ellles nous ont suivi en chialant et hurlant "Te quiero, te quiero"...les autres passagers étaient pliés et l'hôtesse nous accueillit avec la banane et avec un grand: "Bienfenue à bord, Mézieurs..." hommage ironique à notre qualité de frenchs lovers patentés! Une fois assis, honteux et bien emmerdés, je posai quand même à Dan la question qui me taraudait depuis un bon moment: "Dis-donc mon salaud, si c'est pas moi, c'est qui, qui a donné l'heure de notre vol et mon nom à nos meilleures amies d'un soir? Hein, tu peux m'le dire?...
- M'en veux pas Vébé, qu'y m'a supplié Dan, mais j'lui ai tout balancé en anglais... j'pensais pas qu'elle comprendrait ...
- Parce que t'avais pas r'marqué p'têt que les gamines elles étaient plutôt douées pour les langues, non?..."

Vébé but d'un trait sa fine à l'eau qui l'attendait depuis un moment, se demandant s'il ne l'aimait plus, se torcha les lèvres avec son revers de manche et, les yeux dans l'vague me fit signe de lui r'mettre sa petite soeur. Bezo qui avait réussi à la fermer jusque là, attaqua: "Y a pas, c'est quand même en voyage qu'la langue tu la pratiques le mieux... j'vois, moi avec Josy...
- Ta gueule, Bezo, ta gueule... tu vois pas qu'Vébé il est encore au Pérou? Quoi merde, fais chier à la fin!". qu'je lui expliqué gentiment à Bezo. Parce que si tu lui expliques gentiment, à Bezo, il finit toujours par comprendre.

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08 novembre 2006

Le Moonlight

moonlight"On avait commencé à s'rincer les amygdales avec du local, nous laissant suggérer la commande par nos escort girls du pauvre... Leur choix s'porta d'abord sur une Cusqueña Premium, cerveza locale vendue au Moonlight au prix du champagne! La boite me f'sait penser à un autre lieu de perdition bien nauséeux, que j'avais un peu fréquenté du côté d'Pest au début des années 70... lumières tamisées au crépon rouge, tables basses brulées par tous les mégots oubliés lors d'étreintes un peu longuettes, sièges en moleskine défoncés, et une impossible et minuscule piste de danse, magnifiquement illuminée d'une boule à facettes complètement vintage, et où on s'collait sur des slows latinos aussi torrides qu'inconnus, espèces de croisements dégénérés entre la rumba et le boléro... bref la soirée s'annonçait pittoresque à souhait et nos accortes hôtesses excitées comme des puces cocaïnomanes, nous avaient pratiquement violés dès la première empoignade chorégraphique à laquelle nous consentîmes à nous laisser aller...
'tain, Briscard, ce premier slow, j'te jure, j'en ai jamais connu d'aussi violent! J'te raconte: Nicky, d'entrée d'jeu, avant même que je la prisse dans mes p'tits bras câlins, me saisit la tronche entre ses mains et se mit en devoir de me rouler la pelle pour laquelle elle s'entraînait depuis deux ans pour entrer dans l'Guinness! Jamais on m'avait fait un nettoyage de molaires aussi soigné et précis!... Des langues comme ça, à part à l'étal de mon tripier, j'croyais pas qu'ça existait, parole... mais attention, hein, y avait la quantité, genre une bonne livre, mais la qualitad aussi... d'la subtilité dans l'exploration buccale, d'l'accélération langue contre langue, puis du ralenti pour la promenade dans l'palais de Monsieur, frère du Roi !... D'temps en temps elle sortait prendre une goulée d'air, en profitait pour m'faire les commissures et, crac, elle me pénétrait à nouveau la cavité histoire de voir si elle m'avait bien vérifié toutes les ratiches, des fois qu'une incisive un peu d'travers ou une canine vicieuse aurait échappé à sa vigilance linguale !... Dans l'même temps elle se frottait tant et plus que je n'savais plus si j'étais contre elle, dans elle ou de l'autre côté d'elle! Dire que j'avais l'gourdin s'rait euphémiser: j'avais l'impression qu'ma bite bouillante allait jaillir de mon futal, venant ainsi témoigner, s'il en était besoin, d'la robustesse des lois élémentaires de la thermodynamique! Bref j'avais la méga-trique, largement amplifiée par les 3 s'maines d'abstinence totale qui, si l'on excepte une petite pogne dans les chiottes de l'hôtel à Cuzco, avaient marqué notre périple andin...
A la fin du slow, c'est à dire au bout d'une demi heure de langue fourrée princesse, nous revînmes à notre table où les mutines commandèrent des pisco sour... Le psico sour, tu vois Briscard, si un jour tu sers ça au Balto, tu m'r'vois plus, parole... sour, pour l'info, ça veut dire aigre... et dans l'cas du pisco ça veut dire très aigre! Il paraît que c'est dû à une espèce de salop'rie amère qu'ils rajoutent histoire de décupler l'effet du citron sur l'alcool... Toujours est-il qu'on raconte qu'on a quand même vu Ava Gardner danser sur le bar de l'hôtel Bolivar à moitié nue après avoir un peu trop tututé du pisco sour... pour te dire que c'est quand même pas la boisson d'touriste! Du coup, après la première gorgée et la première grimace, avec Dan, on a décidé de s'continuer au pisco pur...j'suis pas sûr qu'c'était une bonne idée, mais, bon c'était notre idée! En même temps, pendant la dégustation la vente continua et après notre soupe de langue chaloupée, nous eumes l'droit, Dan et moi, à une séance de touche pipi que franchement si j'avais connu ça plus tôt, jamais plus j'me s'rais tripoté la zize à travers le bène! Y a pas, quand t'es en voyage Briscard, faut faire confiance à l'artisanat local! Et là dans l'genre manipulation à l'ancienne c'était du grandiose: Nicky, profitant de la relative obscurité qui protégeait ses entreprises entreprenantes, commença à m'prouver que la fine couche que représentaient un pantalon d'toile sur un caleçon d'coton, n'empêchaient en rien, pour une jeune fille un peu attentive et sérieuse, de faire bénéficier à l'habitant des lieux, en l'occurrence un zob gros comme ça, de prestations tout à fait comparables à celles qu'une tenue plus légère aurait autorisées... en un mot comme en cent elle me fit la branlette directe à travers le fut'... j'avais déjà connu la carresse furtive et le débraguettage sauvage, mais là, tu vois Briscard, c'était autre chose... nouveau et intéressant... j'avoue que j'étais complètement affolé, et c'était sûr que si elle continuait j'allais partir en flaque là, toute honte bue, assis dans la molesquine douteuse, le cul au frais et la queue éclatée... Un coup d'oeil discret me permis de m'rendre compte que Dan n'était pas loin d'être dans l'même état: sa Maria était en train de lui prodiguer les mêmes soins, nos amazones ayant dû s'échanger sur leurs retours d'expériences respectives!
Heureusement Nicky interrompit son numéro d'bonneteau, et m'entraîna par la main dans son sillage qui humait bon l'aisselle latine et le 5 de contrebande... l'idée, je l'compris assez vite, était qu'je l'accompagne aux gogues des dames... pas pour m'finir la gâterie, non juste pour tenir la porte et empêcher d'éventuels hidalgos un peu trop avenants d'la suivre... j'appris par la suite que c'était une tradition à c't'époque dans les boites au sud de Caracas... j'étais pas trop rassuré, étant plutôt bâti comme un joueur de dominos que comme un lutteur breton, sur ma force de conviction en cas d'intrusion brutale, mais bon, ma biroute en déroute me préoccupait bien plus qu'une improbable bousculade chiottarde... aussi je mis à profit la solitude momentanée que m'offrait la pause urinaire de ma petite copine de jeu, pour essayer d'me r'mettre un peu en place les bas morcifs, tout ce petit monde ayant tendance à vouloir s'barrer dans tous les sens, surtout Monsieur mon Zob qui aspirait à s'sortir d'une position un peu tordue, coincé bien dur entre slop et braguette sans savoir s'il devait rentrer ou sortir... comme j'allais quand même pas sortir tout l'appareil pour si peu, je saisis le bestiau à travers le futal, appuyait bien fort dessus, histoire de le décontracter un peu, et hop, j'le remis dans le kangourou... le blême c'est que j'avais largement présumé de ma force de conviction... pépère il était déjà parti ailleurs, au pays du radada magique et du manège enchanté... et du coup, sous l'effet de mon amicale pression, il me lâcha en pleine reprise en main... Pollux avait craqué et salopé mon falzar!... Et pas qu'un peu, j'te jure...c'est que trois s'maines de jus d'couilles ça inonde l'entresol, j'te promets! Et le plus fort c'est qu'j'en avais à peine profité... juste une p'tite sensation, mais rien en regard de c'que j'étais en droit de revendiquer! C'est rien de dire que j'étais gêné quand Nicky sortit des gogues... je tentai, tant bien que mal de dissimuler mon infortune, mais avant même que j'ai eu l'temps d'esquiver une parade, Nicky avait, incessante et insatiable, saisit à nouveau mon zboub à pleine main... il lui fallut pas longtemps pour s'apercevoir du désastre: entre l'humidité ambiante et la rétractation subséquente au mouillage, force lui fut de constater qu'on jouait relâche au Théâtre des Deux Boules! Et tu sais quoi l'plus fort?...Et bien elle se serra tout contre moi, m'enveloppa genre pieuvre et me sussura à l'oreille: "Te quiero, mon amore, my love, te quiero..." Comme quoi les latines elles ont quand même le sentiment généreux, non Briscard?..."

Je pris bien mon temps pour lui répondre... c'est qu'on était quand même en plein dans l'interculturel et l'amitié entre les peuples... ça donnait à réflêchir son aventure au Moonlight, à Vébé... Moi j'mettais plutôt l'emballement sémantique d'la môme Nicky sur le compte du côté andalou et excessif d'la personne: du moment qu'il s'était épanché l'trop plein d'affection avec elle, pour moi, Nicky elle le considérait comme son quasi mari... il était fait aux pattes... "J'sais pas trop si c'est du sentiment Vébé... en tout cas c'est une belle preuve de compréhension! Et sinon, ça c'est terminé comment votre idylle inca, Vèb'?..."

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07 novembre 2006

La poterie Moche

Moche_pottery_01"Ben alors Vébé, qu'est-ce qu't'as foutu?... Tu t'es perdu dans le cul d'une blonde ou qu'c'est qu'tu voulais pas m'régler ton ardoise?..." que j'l'ai entrepris Vébé, comme ça, aussi sec! "Tais-toi, Briscard, j'ai été à la ramasse tout l'week-end, rapport à une saloperie qu'j'ai bu en souv'nir du bon vieux temps! J'ai cru qu'j'avais la 5ème DB qui défilait dans ma cervelle!" Faut être honnête, moi la boisson qui rétame Vébé j'l'ai pas en consommation courante; ça doit être une étrangeté qu'on n'trouve que dans les bouges pakistanais de Château Rouge, ou dans les arrières cours du passage Brady! Du coup j'étais curieux d'entendre causer du breuvage: "Et c'est quoi le truc qui coince les ch'veux dans leur bulbe, Vèb'?" Parce que Vébé, moi, j'suis un des rares à pouvoir l'app'ler Vèb'; Bezo s'y est risqué un jour: il s'est pris une bordée d'injures, que même que Jeannine elle a trouvé que Vébé il exagérait un peu des fois... Et du coup, la familiarité bonhomme qui pouvait, de temps en temps, accompagner nos échanges libatoires, distillant ainsi la quiétude appropriée à l'épanchement d'mémoire, se répandit dans l'Balto, et Vébé commença:

"J'sais plus pourquoi, j'étais avec mon vieux pote Dan avec qui j'ai bien bourlingué dans mon jeune temps... on évoquait l'époque où, bite au vent et couilles en feu, on écumait l'monde, avides de rencontres bizarres et de déglingues hasardeuses...On s'remémorait l'Pérou, d'où on avait ram'né une sévère turista pour moi et un jolie poterie Moche pour Dan, et en même temps un joli paquet d'souv'nirs qui d'Ollantaytambo au couvent d'Santa Catalina nous piquaient un peu les yeux quand on en causait, émus par les vieilles photos 6X6 que Dan avait méticuleusement rangées dans un carton à Doc Martens de ses années destroy. Et comme d'hab' la converse a tourné autour de Nicky et Maria, les deux gisquettes qu'on avait levées la veille de notre retour à Paris... Enfin, quand j'dis levées...j'devrais plutôt dire qu'on avait ramassées, sans trop avoir à s'baisser, tellement qu'elles avaient le rire engageant et la fesse acceuillante! Tu m'connais: toujours la délicatesse avec les femmes... alors c'est pour ça qu'après qu'elles nous aient gentiment abordés, sur une petite place du centre de LIma, histoire de s'enquérir sur notre pedigree et de jauger notre puissance de feu dollardesque,  moi, façon gentleman, j'leur ai d'mandé si c'étaient des putes... faut dire que leurs pantalons moule-raies et leurs seins saillants pouvaient prêter à interprétation!... Elles ont éclaté de rire: ça pouvait être le signe d'un tempérament pas susceptible, ce qui au sud de Tijuana est rare, même chez la femelle; ça pouvait aussi être le signe que oui elles étaient bien des putes mais que bon elles allaient pas nous plumer pour autant... enfin pas tout d'suite! Moi j'suis pas du genre téméraire, en plus on partait le lendemain de bonne heure, alors j'aurais été plutôt enclin à leur faire un brin d'causette puis d'les larguer pour aller se zoner rapidos... Mais Dan lui il avait plutôt le caractère aventurier, genre expériences off limits... Dan, pour te dire le mec, il faisait d'la voile en Manche, en coupant, de nuit, le détroit du Pas d'Calais, avec un Sangria d' 7,60 m, sans radar et sans feux d'bord! Alors forcément les deux andalouses ça lui a excité les glandes, et il m'a convaincu de nous laisser entraîner dans une boite de nuit tipicos, histoire de voir comment on savait s'peloter les bas morcifs, à Lima! Faut dire quand même que quand j'parle des andalouses c'est pour faire image, parce que Nicky, qui allait devenir ma compagne de bordée, et Maria, c'étaient pas des espagnoles pur jus, descendantes directes de Cortez... faut pas rêver non plus: on avait l'charme gringo pas ricain, c'qui était un plus, mais on n'avait pas le larfeuille bourré d'bank notes à Uncle Sammy! Du coup on avait quand même droit à du s'cond choix en voyage, faut être honnête, et y a pas offense pour les petites qui s'l'ivraient bien gentiment à nos appétits, mais la poule grand luxe c'était plutôt côté Monsieur l'Ambassadeur qu'on la trouvait... nous on avait juste accès à la gamine de rue, la p'tite loute nature, pas trop travaillée par l'hygiène, souvent, mais bien mignonne tout l'temps... Tout ça pour te dire que Nicky son papa il avait fraîchement émigré du Japon avec des visions d'usines d'empaquetage de guano plein les mirettes, mais qu'il était surtout contremaître à la Merda de Mouetta Inc, où il avait rencontré sa femme, une métisse espagnola-quechua et conçu Nicky, ce joli petit croisement qui avait croisé ma route!... Quant à Maria c'était une indios pur sang, belle comme tout pour qui aime le brut, mais quand même un peu vive de la cuisse et fière aussi de sa race à moitié exterminée par des hidalgos conquérants et bien connards, faut avouer... Bref on nageait dans l'exotisme et l'authentique comme des poissons dans un bocal de rhum et mon poteau Dan était aux anges... C'est ainsi qu'on s'est retrouvé, tous les quatre, au Moonlight, une boîte un peu glauque et beaucoup chère! Et c'est là qu'on s'est déchiré grave avec cette saloperie que j'ai rebu avec Dan lors de notre soirée nostalgie: le pisco, Briscard, le pisco... une vacherie qui te déshydrate les conduits mieux qu'une canicule, et te défonce la gueule comme un tonfa d'flic fâché! "

Sur ce Vébé torcha son premier Picon bière d'cette main là aujourd'hui, et s'enquit de régler sa douloureuse, intérêt et principal. Moi comme je sentais venir l'exceptionnel j'lui ai fait cadeau d'son retard de cotisations, et j'l'ai enclin à continuer ses aventures limaiennes, qui commençaient à sentir bien fort de la croupe, comme on aime au Balto: c'est vrai quoi, merde, le romantisme n'empêche pas un peu d'fantaisie d'temps en temps, non?

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03 novembre 2006

Les Yorkshire

foto1Y a Vébé qui est passé en coup d'vent: "J'vais faire tondre mon vieux clebs pourri... tu 'm'gardes une place pour la belote, Briscard?...
- OK, pas d'problèmes; d'toutes façons les zommes sont pas tous là... y a qu'Bezo." Du coup comme on parlait d'lui ce grand con d'Bezo a cru bon d'se manifester:
" - Eh, Vèb', il est toujours aussi pourave ton dog? Y pisse toujours sur les Yorkshire?
- Tu vois Bezo, mon chien s'il avait ta gueule, ben j'crois qu'j'lui f'rais raser l'cul et j'le f'rais marcher à reculons!" qu'il a rétorqué Vébé.
Aussi sec.

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