LE BALTO

Un bistro du coin où on tape la belote avec Bezo, Rachid, Briscard et quelques autres...

13 juillet 2007

Les belles histoires d'Oncle Vébé (3)

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J'connais des clients  qui ont déjà entendu c't'histoire...La première de la saga Kate...

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11 juillet 2007

Les belles histoires d'Oncle Vébé (2)

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Le début de cette belle histoire à été proposée dans le billet précédent. Vraiment feignasse, Vébé...

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09 juillet 2007

Les belles histoires d'Oncle Vébé (1)

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Pendant l'été Vébé nous re-raconte ses vieilles histoires. Feignant.

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06 juillet 2007

La fumée

camel_pub_5" - Alors, Briscard... Plus que six mois, et c'est l'Abschluß der Klope, hein, mon pote!...
- D'abord, Bézo, et d'une j'suis pas ton pote. D'accord? Ensuite je t'emmerde. Parce que moi, dans mon rade, j'fais c'que j'veux, compris?... Et c'est pas parce que la loi elle dit une chose que je ferai pas son contraire. Et j'te mets bien au défi de m'en empêcher, merde alors!
- Eh oh, t'emballe pas, poignée dans l'coin et roue arrière, Bris'... C'que j'en dis, c'est c'que j'en cause... Tu feras comme tu l'sens..."
Bézo, il était surtout grande gueule, mais pas trop téméraire. Il suffisait d'lui intimider l'entendement, et il rentrait bien gentiment dans sa coquille... Maintenant, c'est vrai qu'il avait pas tort: ce coup d'l'interdiction du tabac, ça me faisait quand même bien chier... Parce que bien sûr qu'c'est pas très bon pour la santé, l'herbe à Nicot, mais faut reconnaître qu'une bonne blanche avec une petite Peter, ça vous requinque d'une nuit borrachonne, direct! Et une Gitane sans, derrière un express bien âcre, ça rafraîchit p'têt' pas l'haleine, mais ça soigne bien la maladie du sommeil, parole! Chez moi, j'avais bien la moitié du troquet qui enfumait l'autre moitié dans l'indifférence générale, vu que j'm'étais équipé d'un extracteur de première bourre, du genre de celui des cuisines des restaus chinois bien fouettants, qui font que dans la salle t'as l'impression d'être dans le palais des fleurs, alors que dans la cuisine ils font frire des beignets de rat dans de l'huile de vidange! J'pouvais donc penser qu'j'étais paré... Mais on avait beau avoir déjà évoqué l'sujet, au Balto, j'étais pas plus avancé pour autant... Interdire ou pas... perdre ou pas la moitié d'mes chalands...

 

Bézo sortit. J'me retrouvai seul, comme un con, dans ce rade trop petit pour ma perplexité. J'allai prendre un peu l'air, appuyé sur le chambranle de la porte, les bras croisés sur mon durillon d'comptoir, quand une bande de gamines, bien joyeuses, déboula pour me donner la soluçe:



L'amour!... Puisque que c'était comme une cigarette, ben j'avais plus qu'à embaucher Vébé à l'année, pour qu'il nous raconte ses amours ad libitum, et hop! v'la du bon tabac, sans fumée, et sans s'fâcher ! J'retournai derrière mon rade, rasséréné et tout content d'ma connerie. Mais in petto, j'pensai que n'empêche, l'amour, avec une cigarette, après, c'est quand même mieux que comme...


Note: ce billet fait suite à un défi idiot et à un pari stupide. Mais gagné.

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02 juillet 2007

Le futur de l'avenir

scopitone2_210x0Il faisait bien calme, au Balto, ces derniers temps. Vébé se faisait aussi rare qu'un cheveu sur la tête à Barthez, et Bézo jouait Le retour de l'Homme Invisible. Il n'y avait plus guère que Jeannine qui passait en coup de vent le matin, prendre un café sur l'pouce, ou le soir, des fois, avant de rentrer chez elle, à Pantin, s'envoyer un petit Kir, histoire de mieux supporter le tiercé maudit, 12-4-5, qui de Convention à Pantin, en passant par Montparno et Gare du Nord, la ramenait tous les soirs dans son petit deux pièces, rue d'Moscou, avec vue imprenable sur le gymnase.

Jeannine elle ne s'attardait plus, depuis quelques temps, aux  histoires de Vébé, vu qu'son Boss, il lui mettait la pression, rapport qu'il lui aurait bien offert un licenciement économique, enfin, pour lui, économique, parce que pour Jeannou, à cinquante cinq balais, l'licenciement c'était direction Assedic Land à vie, aussi sec. Ce soir là, il devait être dans les six plombes, elle pointa son museau, toujours beau avec l'âge, petites pattes d'oie et ridulettes, et me commanda une coupe. Jeannine, le truc le plus dispendieux qu'j'l'avais vu prendre, c'était un verre de Cairanne, que j'avais fait rentrer à l'automne... alors une coupette... Y avait d'la promotion dans l'air, sûr!
" - Et bien, Jeannine, vous vous mouchez pas du coude, merde! Du champ' à c't'heure-ci!... Vous avez touché l'Bingo ou quoi?...
- Oh non, Monsieur Briscard, non... Je fête juste mon départ de chez Mignard.
- Vous êtes en congés? En juillet? Il ferme pas en août, votre cancrelat?...
- Oh, Monsieur Briscard, ce n'est pas un cancrelat, Mignard... c'est un très bon comptable, vous savez...
- Ouais, ben l'mien, vu c'qu'il me prend pour me dire combien vont faire mes impôts, j'trouve que c'est un cancrelat... un qui s'nourrit avec l'blé des autres, quoi... C'est quoi alors, ce départ?...
- Et bien voilà, Mignard m'a proposé de m'arranger un licenciement comme quoi je pourrais attendre la retraite tranquillement, avec en plus des indemnités importantes, vu que j'travaille chez lui depuis trente ans, presque...
- Alors, Jeannine, la coupette c'est pour moi... et, du coup, j'vous accompagne... 'tain quand Vébé va apprendre ça, ça va lui faire drôle... Et vous partez quand?...
- A la fin du mois, mais comme j'ai encore mes congés à prendre, je serais plus là à partir de jeudi... Dites, Monsieur Briscard?...
- Oui?...
- Votre machine, là, avec l'écran, c'est pas un visiophone comme il y avait avant, dans les cafés?...
- Oui, c'est ça, Jeannine, c'est tout à fait ça... Et c'est aussi une formidable machine à remonter l'temps!...
- J'peux regarder si je peux mettre une chanson?...
- Mais bien sûr, Jeannine, bien sûr... c'est fait pour ça!"
Jeannine s'approcha du Scopi, et d'un coup son sourire s'élargit, et, comme une gamine toute excitée, elle mit, juste pour elle et moi:



J'avoue que ça m'fit un drôle d'effet d'voir Jeannine pleurer, fort et en silence... J'savais bien qu'c'était sa jeunesse, et que les lundis au soleil, elle avait pas dû en avoir en rab à filer aux copains, mais bon, quand même, là c'était bien lourd. J'la réconfortai:
" - Ben alors, Jeannine, faut pas vous mettre dans des états comme ça pour une chanson...
- C'est pas ça, hoqueta-t-elle... c'est que je pensais à tout ce temps... tout ce qui me remonte... et je suis renvoyée...
- Allez, merde, quoi... Et puis il faut penser à l'avenir, hein, parce que comme dit Bézo: l'avenir d'aujourd'hui sera le futur de demain, non?...
- Oui... et le passé d'après demain, aussi..."
Jeannine, elle avait dépassé les bornes de la nostalgie, à la limite du moment où l'on tutoie l'accablement. Je lui ressevis une coupe, qu'elle but d'un trait.
" - Vous savez, fit-elle, les rides soudain bien marquées, à cette époque, à l'époque de la chanson, j'avais vingt ans, tout juste... je venais d'avoir mon BP de comptabilité... et c'est à ce moment qu'il m'a embauchée...
- Mignard?... Déjà?...
- Non... Claude François... la petite blonde aux cheveux courts, là... c'est moi... "
Elle avait pas tort, au fond, Jeannine sur le coup du passé d'après demain...
Ce soir là on s'est fini la bouteille à deux.

Posté par Briscard à 16:52 - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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