26 novembre 2007
La preuve de vie
J'ai reçu des nouvelles de Vébé... Il est pas mort!
J'ai reçu un message photo...
Faut dire qu'avec le mobile que j'ai gagné au Congrès du Synhorcat, j'peux recevoir des photos en veux-tu en voilà... Sauf que personne m'envoie de photos...
Sauf Vébé!
Et encore, j'sais pas trop si j'peux appeler le truc qu'il m'a envoyé une photo. Juste un message...
Par contre, impossible de savoir où il crèche... Ni quand il revient...
Mais du coup j'suis obligé d'faire un peu l'ménage, histoire d'offrir la tournée à Vébé...
Et Josy qu'est pas là...
20 novembre 2007
Le Flambadou
J'ai reçu une p'tite vidéo de Vébé... J'pense qu'il est au pays...
'tain, le veinard...
16 novembre 2007
Les jeux de Ouique de Briscon (2)
Bien joué, Pek...
Puisque nous avons atteint le Chiffre Magique (Magical Digit=100),
voici donc un nouveau billet.
Et comme, en plus, demain, c'est Ouique, je te propose, ami(e) lecteur(rice) notre fameux jeu, le "Choiztongou".
Voici, à nouveau, deux versions d'une même chanson:
A. Choix A
B. Choix B
Voilà, à toi de jouer, ami(e):
1. Choiztongou: A ou B?
2. D'autres versions de cette belle chanson existent; sauras-tu les retrouver?
3. Cette chanson fait penser à une histoire qui paraît les lundis et jeudis; sauras-tu deviner laquelle?
08 novembre 2007
Salut la compagnie
"... Ça, c'est c'qui était prévu..."
C'est la dernière phrase que Vébé prononça au Balto.
Et depuis ce jour, Vébé, plus jamais on devait le revoir...
Jamais, on allait savoir, pour le couvent Santa Catalina...
J'ai essayé de comprendre c'qui s'était passé...
Avec Bézo on a tout envisagé: accident, départ précipité, mauvaise humeur passagère, mariage...
Mais, bon, après tout, les gens sont bien libres de vivre leur vie.
Alors le grand calme s'est installé au Balto...
Et je me suis retrouvé tout con avec mon stock de Picon sur les bras.
Du coup j'crois que je vais fermer un peu le rade, vu que, de toutes manières, j'commence à fatiguer...
Bistro, on dira c'qu'on voudra, mais faut quand même avoir la santé.
Tôt levé et tard couché, picole et tabac froid, ça vous use le bonhomme...
La porte reste ouverte.
Mais tachez voir à pas trop m'saloper la boutique, si vous passez par là.
Salut la compagnie.
02 novembre 2007
L'Ensueno Hotel
Faut dire c'qui est, Vébé, rapport à la confidence,
il s'était quand même bien déversé l'trop plein de spleen au Balto...
Moi, j'me disais que les choses étant c'qu'elles sont, et que la vie
d'un homme ne pouvant guère se raconter au d'là du jour d'la racontade,
justement, parce que sinon, c'est d'la prédiction, Vébé, il allait bien
finir par se tarir la faconde et s'épuiser l'souvenir. Et du coup,
j'craignais un peu pour l'tiroir caisse, vu qu'la clientèle, j'le
savais bien, c'qu'elle appréciait surtout, c'était pas les baisades à
Bézo ni mes histoires de mastroquet, non, c'qu'ils kiffaient grave et
fort, les clients, c'était les Aventures de Vébé... Vébé Nique en
Amérique, Vébé et les Deux Boules du Bal, Vébé On a marché sur la
Brune, Vébé et Les Zobinos!... Alors quand il s'est ramené, en sifflotant, genre la
vie est belle et les couilles sont vides, j'me suis dit, in petto au
fond d'moi, que rapport à l'historiette qui extravague ou qui émeut, ça
risquait pas d'arriver aujourd'hui, vu que, c'est bien connu, l'homme
heureux n'a pas d'histoire...
Et p'têt même que Vébé, des histoires, et ben il
n'en avait plus, justement... Notez, que j'lui en voulais pas non plus:
rien qu'avec c'qu'il nous avait raconté, au Baltoche, y avait de quoi
remplir au moins deux vies de garde barrière! Mais quand même, j'me
disais qu'un jour ça allait s'arrêter ses histoires à Vébé, et que ce
jour, outre le côté mercantil du truc, ça m'ferait bien chier la bite.
Merde. Voilà, c'était l'état de l'esprit qui m'habitait quand il entra
en sifflant. Néanmoins, j'l'accueillis, affable et l'air de rien:
"- J'te mets un Picon bière, Vébé?...
- Allez...vas-y.. Avec une rondelle, tiens, pour changer...
- Alors qu'est-ce tu racontes, Vèb'?... Quoi d'neuf?...
- Ben
que du vieux, Brisc', que du vieux... En c'moment j'joue relache. Pas
trop de job et pas trop de zob! Pas moine, mais pas loin!
-
Dis, Vébé, faudrait pas non plus confondre mon rade avec une abbaye!
Même si j'en sers à l'occase, y a pas écrit La Grande Chartreuse, au
fronton, qu'je sache!... T'as pas fait voeu d'silence, en plus,
j'espère?!...
- Mais, Briscard, faut pas croire qu'les couvents
c'est que des lieux à s'emmerder les rognons ou à s'rouiller
l'chibrounet! Les couvents, ça peut aussi être un lieu de distraction!
Et j'évoque même pas les histoires de moinillons, enfilez-moi Benoît,
ou des soeurs Nonettes des Branlettes... non, j'pense au couvent civil,
le truc qu'on visite, séculaire et séculier, genre Mont St Michel... ou
Santa Catalina... oui... Santa Catalina..."
Le regard de Vébé se mit en mode flou, et un léger
sourire lui fit doucement remonter les commissures. Je me suis toujours
demandé ce qu'il voyait, dans ces moments là, Vébé... C'était un peu
comme s'il se regardait l'intérieur, mais au dehors... comme s'il se
projetait des images du dedans, des images qu'il était seul à voir, et
que même de les voir, comme ça, déjà, ça le faisait marrer... lui
restait plus qu'à nous les raconter les images, puisque nous, on
pouvait pas les voir, les images qui étaient à l'intérieur de lui!...
Et souvent, c'est comme ça qu'elles démarraient, ses histoires à Vébé.
Un peu comme une soirée diapositives... Et si les photos sont bonnes et
le voyage pas trop tarte, les soirées diapos, ça peut être bien
plaisant, des fois... Aussi, l'encourageais-je:
"- Santa Catalina? C'est en Espagne, non?...
-
Non, Briscard, non... C'est au Pérou... au sud, pas loin d'la
Bolivie... à Arequipa, la ville blanche. Arequipa, la première fois où
j'y ai été, c'était avec Dan, quand on s'est fait l'Pérou en long en
large et en travers, juste histoire de voir si Atahualpa avait été
l'dernier des Incas, ou l'premier des Sapas... C'est d'ailleurs c'te
fois que nous eûmes nos émois liméniens
sur une piste de dancing glauquinolesque! La deuxième fois, celle dont au sujet d'laquelle j'te cause, c'était un an ou deux plus tard... A
l'époque j'avais du vague à l'âme et pas trop d'minouche en vue...
J'avais terminé ma période Danny, pas encore commencé la Kate... La deuce, en fait, c'est parce que mon pote Dan, avait en vue Super Nana,
une somptueuse, et voulait lui montrer son Cuzco sur la commode! Il se
voyait bien s'faire une retournette de Pérou avec la meuf et mézigue, juste histoire que je pusse lui assurer la sérénité voyagesque, horaires des trains, gite et couvert, pour que Monsieur puisse se consacrer à sa dame, genre conquistador à temps plein... Bref, à mi chemin entre factotum et majordome, je devais être, en quelque sorte, l'ordonnateur des pompes et des oeuvres de Monsieur le Zguègue à mon poteau. En soit, le truc n'avait rien de bien excitant, mais comme j'étais bon camarade, et que, surtout, c'était quand même plus classieux de traîner mon blues à Ollaytaytambo qu'à La Garenne Colombes, j'acceptai la mission!
Le seul truc c'est que j'avais un peu moins de temps que Dan, qui avait soigneusement préparé son périple... Aussi convînmes-nous de nous retrouver à Arequipa, d'où nous allions faire la partie la plus aventureuse du voyage: train indien sur l'altiplano, jusqu'à Puno, le lac Titicaca puis collectivos jusqu'à Cuzco et retour à Lima par Ayacucho et Huancayo, bus et train combinés... Si l'on ajoute l'incontournable Vallée de l'Urubamba et le Machu Pichu, je comprenais bien le souci de Dan d'être un peu soulagé de l'aspect logistique du trip, pour pouvoir se consacrer pleinement à la découverte des vallées de son Andine!
Nous nous étions donc donnés rendez-vous à l'hôtel Ensueno, qui avait le grand mérite de se trouver à deux pas du couvent Santa Catalina et de la Plaza de Armas, qui, en Amérique du Sud, comme chacun sait, est The Place To be, pour tout touriste qui se respecte un tant soit peu! Dan et sa pineco partaient les premiers, visite de Lima et Nazca, avec virouze en Piper au-dessus des fameuses lignes, puis direction Arequipa où, une semaine après leur départ, je devais les rejoindre par vol quasi direct de l'ibère Iberia...
Ça, c'est ce qui était prévu..."
